Rétrospective de la décennie : l’année 2002

Et donc le son s’est un peu durci pour l’année 2002. Musicalement, l’émergence des Strokes a libéré de nombreux groupes de rock, certains proposant des  sons un peu plus tordus que d’autres.

Pour moi la révélation de cette année fut le premier album des Liars, “They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top”, ce mélange de post-punk avec des inflexions noisy n’a pas pris de ride et demeure toujours aussi pertinent. Basse prognathe, guitare dérangée et chant agressif sont au coeur de cette musique, qui comporte aussi quelques éléments électro ; discrètement des blips déglingués viennent se loger dans les détails de certains titres. Cet album se termine avec un morceau de 30 minutes, finissant sur une boucle hypnotique que j’ai pris un malin plaisir à écouter au boulot, alors que j’étais en période de préavis (j’ai changé de travail cette année là). Plus direct, Mr Your On Fire Mr reste d’une indéniable efficacité.

Dans le genre gros riff bien épais, les Queens Of The Stone Age ont de quoi rendre la monnaie de leur pièce à de nombreux groupes de métal. Ce fut d’ailleurs pour moi l’occasion de retourner acheter un disque au rayon métal depuis bien longtemps (En 2002, je n’avais toujours pas l’ADSL). Mené par la guitare frondeuse et la morgue de Josh Homme ainsi que le jeu de batterie imparable de l’ex-Nirvana Dave Grohl, No One Knows contient quand même quelques éléments pop et sait se rendre facilement accessible.

Cette année là un ami me propose de jouer de la basse dans un groupe avec lui, alors que je n’ai jamais pratiqué d’un instrument de ma vie. Emporté par les vapeurs éthyliques du moment, j’accepte. Avec l’ami en question, je partage une admiration pour Sonic Youth, qui sort cette année là l’album “Murray Street”, hanté par les fantômes des attentats du 11 Septembre. Le groupe accueille aussi un cinquième membre, Jim O’Rourke qui permettra à Sonic Youth de produire encore de nombreuses compositions expérimentales. Même si le prochain disque issu de cette collaboration, “Sonic Nurse”, sera encore plus réussi, “Murray Street” contient déjà quelques compositions distordues plutôt intéressantes, cachées au milieu de titres de punk-rock, comme l’abrasif The Empty Page.

Dans le genre style emphatique et triste, Godspeed You Black Emperor a réussi son meilleur album avec “Yanqui U.X.O”. C’est du rock instrumental, on y entend aussi des cordes, des violoncelles. Ce sont des morceaux assez longs à l’oreille, les ambiances mettent du temps à s’installer avant de finir par vous prendre aux tripes, et Rockets Fall On Rocket Falls annonce déjà la guerre en Irak …

Je n’ai pas toujours été fan de David Eugene Edwards, mais “Foklore” m’a emporté dès que je l’ai écouté. C’est du folk très sombre, où le groupe Sixteen Horsepower y reprend des titres traditionnels de l’americana, de Hank Williams ou encore de la Carter Family. De la country, mais qui aurait été joué par Joy Division, si les mancuniens étaient partis s’expatrier au Texas, où Peter Hook se serait mis à la contrebasse, Bernard Sumner au banjo. Sept ans après Sinnerman file toujours un frisson dans le dos à chaque écoute.

Maintenant direction 2003 …

2 thoughts on “Rétrospective de la décennie : l’année 2002

  1. 2002 maintenant :

    _“Murray Street” Sonic Youth : forever….
    _“They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top” Liars : connais hélas pas celui-ci d’eux.
    _“Foklore” Sixteen Horsepower : Leur grand Œuvre ???

    Mais aussi :

    _“( )” Sigur Ros : Élégiaque et atmosphérique….
    _”L’imprudence” Bashung : “Que dire de ces ouï-dire
    C’est la chaleur humaine…”
    _”Original Pirate Material” The Streets : Son unique bon album ? Son chef d’œuvre ? La suite est totalement dispensable. L’artiste d’un seul disque ?????????

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