Songs Of Green Pheasant – Gyllyng Street

Je venais de reposer la guitare et j’avais encore les doigts qui tiraient un peu. Ca me faisait souvent ça lorsque j’en jouais de bon matin, et qu’il faisait froid dehors. C’était le début de l’automne, avec un ami, on avait décidé de reprendre nos projets musicaux, laissés à l’abandon pour diverses raisons ; l’envie de se remotiver à plusieurs, de sortir des petites tracasseries du quotidien. On écrit des morceaux, souvent à la guitare folk et on se les joue à tour de rôle. Toujours est-il qu’en ce samedi matin d’Octobre, après avoir fait sonner nos Martin respectives, il était temps de retourner chez moi, et avant de repartir on avait pour habitude de se refiler des albums ; une habitude de vieux trentenaire que l’on avait gardé envers et contre tout, à l’ère du digital. C’était un peu comme un jeu, celui qui trouvera une belle perle musicale, et même si je me défends bien sur les nouveautés, l’ami avec qui je jouais était plutôt fort en disque précieux.

Ce jour-là il me prêta « Gyllyng Street »de Songs Of Green Pheasant, en me disant que ça ressemblait à Red House Painters. Le soir, chez moi, en l’écoutant, j’ai eu effectivement la confirmation que Songs Of Green Pheasant jouait du Slow-Core, terme galvaudé pour désigner de la musique folk ou rock, ambiante, souvent très apathique et triste. Pourtant je sens bien qu’il y a de la vie dans cette musique, notamment dans le premier morceau, Boats ; le genre de mélodie lente qui donne envie d’être écouter en regardant les bateaux passés prêts du port, comme sur la jaquette. La voix de Duncan Sumpnet, chargée de réverb’, sonne de façon plutôt sereine malgré son étrange tessiture, et au delà de ces accords joués sur des gammes mineures, il y a cette basse et cette batterie qui martèlent une étrange rythmique. Puis à la fin ça s’emballe et l’émotion emporte tout le monde avec. C’est beau et je reste à chaque fois sans mot à l’écoute de ce titre. Le reste du disque est tout aussi merveilleux, et se termine avec l’ambiant A Sketch For Maenporth, qui repose sur quelques notes de piano en suspension dans l’air, accompagnant le bruit d’un étrange brasier.

( ♫ ) Songs Of Green Pheasant – Boats

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Un autre samedi, en jouant de la guitare folk, je rendais le disque à mon ami, puis je m’achetais tout Songs Of Green Pheasant sur internet. J’ai découvert que Duncan Sumpnet est professeur de musique, qu’il a enregistré  en 2002 un premier disque à la maison, dans sa cuisine, avec un quatre pistes et une guitare acoustique. Cet album est sorti en 2005 chez Fat Cat et ne sonne pas du tout comme du lo-fi. Au contraire, ce premier effort, bien que plus dépouillé que « Gyllyng Street », sonne déjà de manière fort classieuse. Il y a déjà cette voix réverbérée et cette guitare folk lointaine qui joue des arpèges alanguis, parfois accompagnés d’un léger contrepoint électrique, voire shoegaze. Ecoutez donc Nightfall (For Boris P.), à ce jeu-là, ce titre a tout du chef d’œuvre instantané.

( ♫ ) Songs Of Green Pheasant – Nightfall (For Boris P.)

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Une fois n’est pas coutume, ces deux disques ont maintenant trouvé une place de choix dans mon IPod, je me les réserve pour quelques écoutes en des moments d’introspections, tard le soir généralement. Depuis cette musique me hante, j’aimerais tant  qu’elle se retrouve un peu dans la mienne, j’en suis encore très très loin ; mon ami qui joue de la guitare, lui pourrait bien s’en approcher …

Par Mathieu

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