Mendelson – 1983 (Barbara)

Y a des images, des souvenirs qu’on laisse dans une sorte de boîte mentale, que l’on garde renfermée. Y a des chansons qui les font ressurgir, là comme-ça. 1983 (Barbara) de Mendelson, son écoute déclenche un flux d’histoires, pas les mêmes que la chanson, mais des trucs qui reviennent comme ça. Mes parents, ma sœur que je réveillais le dimanche matin après qu’elle soit revenue de soirées. Je jouais dans le parking avec des amis qui habitaient l’immeuble. On jouait aux policiers, on se cachait dans la cage d’escalier, plus tard à l’adolescence c’était des bastons de Street Fighter II sur la Super-Nes. Moi j’arrivais à y jouer avec l’américain, celui qui avait une coupe en brosse et qui faisait un arc de laser avec ces jambes.

On s’échangeait des cassettes vidéo des films d’horreur ou d’action, on regardait Predator et les John Carpenter les samedi après-midi, parfois plusieurs fois le même film. Je lisais Mad Movies, y avait des trucs parfois dégoutants dedans, mais qui me faisait marrer. J’aimais bien le cinéma, la musique aussi, même que ma Grand-Mère m’avait appris le piano, mais j’étais trop timide pour jouer devant les gens. Il me faudra attendre vingt ans pour toucher une guitare. Dans ma classe y en avait un, qui était un peu le chef, il donnait des coups de pieds plus fort que les autres, moi j’étais plus timide. Plus tard il m’a dit que j’allais devenir quelqu’un parce que j’avais réussi mes études. Sur ce dernier point c’était vrai, mais pour ce qui est de devenir quelqu’un …

Pour jouer aux durs on écoutait du métal, j’avais un ami qui habitait dans mon immeuble qui avait une collection de cassette d’Iron Maiden, il avait redessiné toutes les jaquettes sur du papier et était fan d’Eddie la mascotte. Moi je lui copiais ces cassettes, en échange je lui prêtais ma collection de comics, des Stranges où même que Daredevil, il  finit clochard à la fin, la conclusion n’avait pas été éditée parce qu’elle était trop violente. A force d’écouter du métal, ça avait fini par gaver mon père, du coup je m’étais mis à écouter Lenoir, à lire les Inrocks, à voir des films de Scorsese

Y a des chansons qui font ressurgir les souvenirs, là comme-ça, 1983 (Barbara) de Mendelson possède une grande force nostalgique, la voix de Pascal Bouaziz, et la composition qui tourne autour de quelques accords de guitare acoustique est absoluement bouleversante. Son pouvoir empathique semble avoir dépassé le cadre de la chanson … Elle a déclenché aussi de nombreux souvenirs chez Kill Me Sarah

Par Mathieu

2 thoughts on “Mendelson – 1983 (Barbara)

  1. 1983, c’est juste avant les jeux olympiques sur Amstrad et les nos premières compositions sur TO7… C’est un peu avant le No Comprendo, première émotion musicale rien qu’à nous.

    Vus en concert à la fin de l’année dernière dans un petit ciné. Difficile à dire ce que ça fait Barbara, quand la chanson s’envole sur scène…

    (1983 ouvre un Vortex : http://www.starsky.fr/?p=7)

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