Gonjasufi – A Sufi And A Killer

« Qu’est-ce que tu fous là mec ! » c’est par ces quelques mots qu’il avait été accueilli dans le squat. Lui, il se disait que c’était réciproque, qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre ici avec sa veste noir et sa chemise blanche qui sortait de son jean, des vêtements de marques dont le prix dépasse largement l’entendement. Il ne dormait plus la nuit, un problème qui avait commencé depuis quelques mois déjà. Sa femme et ses enfants n’avaient rien vu mais il était devenu un être absent et fantômatique pour sa famille. Il prenait du café pour tenir, mais au bout d’un moment ça ne marchait plus. Un jour, dans un état de fatigue particulièrement avancé, par le plus étrange hasard qui lui faisait régulièrement se demander comment cela avait pu être possible, il avait entendu Kobwebz. Les vapeurs psychédéliques, les craquements sonores et la voix déglinguée de Gonjasufi l’avaient étrangement sorti de son état léthargique et semi-gazeux. Alors il s’est dit qu’il fallait passer à la vitesse supérieure.

L’argent ne lui avait jamais été un problème, contre une poignée d’euros, il avait trouvé le squat, dedans des personnes prenaient de l’herbe, du crack, du crystal meth … En entrant, il serre nerveusement le Manurhin qui pesait dans le fond de sa poche, et sa main tremble. Pour se calmer il avale trois comprimés de Xanax, et commençe à tirer sur une pipe à crack. A ce moment, il a l’impression d’entendre Gonjasufi chanter les paroles de Sheep, « I Wish I Was A Sheep / cause then I wouldn’t have to eat animals that are are dyin’… ». Il s’allonge alors sur les coussins posés par terre, il penche la tête en arrière et pousse un étrange rire guttural lorsque les premiers effets des substances commencent à se faire sentir au plus profond de son corps dont il reprend vaguement conscience à ce moment là …

Paradoxalement, le trip ne dure pas si longtemps, il commence à redescendre quand il entend les sirènes de police rugir dans la rue. Panique, il sort, il court jusqu’à sa voiture, il démarre, il trouve la porte de St Ouen et s’engouffre dans le boulevard périphérique. Il peste, il crie, puis il se met à rouler aléatoirement. Il ne s’arrête plus, il avance de porte en porte. Sur l’autoradio, il  branche son lecteur de MP3, et il écoute SuziQ et son riff Stoogien. A chaque coup de basse distordue, il appuie un peu plus fort sur l’accélérateur, il passe à la vitesse supérieur. Il se met à transpirer un peu plus sous l’effet de la drogue, puis commence à se sentir bien, comme protéger dans l’espace restreint et contraint de son automobile. Ses mains sont comme greffées au volant de son véhicule, sa peau se mélange avec la texture du siège, la pédale d’accélération s’insère fort logiquement avec son pied. C’est en écoutant She Gone, un morceau étrangement pop et triste de Gonjasufi, qu’il choisit de faire plusieurs tours sur le périphérique …

Il est 4h51, il choisit alors de rentrer chez lui. La musique de Gonjasufi passe toujours dans la voiture, il y entend une succession de voix folles sur un étrange beat funkoide et psychédélique. C’est à ce moment là qu’il arrête la voiture. Ces mains tremblent, ces vêtements sont mouillés de transpiration. Des larmes coulent sur ses joues au moment où il pose son front sur le volant. Demain il se réveillera dans la voiture. Kowboyz And Indians

( ♫ ) Gonjasufi – Kowboyz And Indians

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Par Mathieu

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