PJ Harvey – Let England Shake

« How Is Our Glorious Country Ploughed ». Les bombes se sont mises à tomber sur la ville. Quelques minutes auparavant, les sirènes ont retenti ; un peu partout, chacun s’affaire à prendre les objets les plus précieux, ceux qui resteront à jamais graver dans notre mémoire, et nous nous sommes réfugiés dans les caves. En écoutant les explosions au loin, nous nous demandons ce qu’il restera de notre chez nous, de quoi demain sera-t-il fait ? Verrons-nous les poupées de nos enfants calcinées dans les gravats et où irons-nous nous héberger ? Où irons-nous manger ? Pendant le bombardement, certains resteront dehors et verront les immeubles exploser au ralenti devant eux, le temps semblera s’arrêter lorsque les briques seront projetées mollement sur le sol et lorsque le feu se déclenchera au milieu des ruines …

« Our Land Is Ploughed by tanks and feet / Feet marching ». Dans la boue, on voit encore les cadavres qui commencent à pourrir suite au dernier assault. Le front s’était durci, le moral des hommes avait baissé, le colonel ordonnait aux soldats de partir se battre sinon c’était le peloton d’exécution. Quelques lieutenants protégeaient leur escadron, mais pour combien de temps encore ? L’hiver approchait et déjà certains commençaient à tousser, à avoir de la fièvre, à s’affaiblir ; quand est-ce que cette horreur s’arrêtera ? On raconte qu’un sergent et son équipe ont réussit une belle opération commando, lorsqu’on lui a dit qu’il recevra la plus belle distinction militaire il s’est mis à pleurer … Je crois qu’il erre maintenant dans les couloirs d’un hôpital psychatrique à marmonner des propos indistincts …

« What is the glorious fruit of our land ? ». Une erreur dans le programme informatique et le système de visée s’est trompé d’un kilomètre.  L’ingénieur en charge avait pourtant fait une démonstration dans un environnement de simulation et tout avait fonctionné jusque dans les moindres détails. Lorsque les militaires sont passés en environnement réel, les ajustements ne fonctionnaient plus, il y avait un bug dans le système qui ne pouvait pas marcher à une telle distance. C’est finalement un hôpital de Falloujah qui a été touché. Le siège continue et les informaticiens travaillent pour corriger le problème, derrière les milliers de lignes de code en C++ se jouent le sort d’une centaine de personnes …

« Its fruit is orphaned children » . L’épidémie avait forcé les quelques survivants à se réfugier dans la campagne. Les villes n’étaient plus qu’un immense tas de ruines, on pouvait encore y voir la main crispée d’un cadavre rivé sur leur ordinateur en décomposition. De temps en temps un hélicoptère survolait cette zone anéantie, derrière leur masque à gaz et leur tenues de protection anti-virus il diffusait ce message jusqu’alors sans réponse : « Hello Is Anyone here ? ». Une vieille guitare folk, une Martin D18 je crois, trainait au milieu des décombres …

( ♫ ) PJ Harvey – The Glorious Land

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Par Mathieu

5 thoughts on “PJ Harvey – Let England Shake

    1. Ouais, j’ai écris sur à peu prêt tout ce qui me venait à l’esprit sur le sujet, du coup ça se disperse sur plusieurs périodes 🙂

  1. Très belle prose épique qui colle à l’atmosphère de cet album inspiré. C’est étrange de voir que ce nouvel opus de PJ Harvey enflamme les imaginations (lire aussi la chronique d’esprits critiques : http://mescritiques.be/spip.php?article1237)
    c’est marrant aussi de voir qu’avec un thème si sombre et dramatique elle ait réalisé un album si tonique et inventif, voire ludique…

    De la vraie magie (noire ou blanche) en ce qui me concerne puisque c’est (de loin) le disque de l’anglaise qui m’emballe le +, n’ayant pas toujours été emballé auparavant par son travail (“To Bring You My Love”, si quand même et un peu “White Chalk”).
    Comme quoi, on ne peut jamais jurer de rien… 😉

    1. Oui, je lui trouve presque des rythmiques de ska parfois …
      Ceci dit, je suis resté fan de la dame pour la plupart de ces disques, même si les derniers m’ont un peu moins touché …

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