Jesu, Sun Kil Moon & My Name Is Nobody au Divan du Monde

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Lundi 22 Février, j’ai la tête encore pleine d’algorithmes, de fixes programmatiques écrits tout au long de la journée et je regarde avidement les devantures fermées des magasins de guitares de Pigalle. J’arrive au Divan du Monde pour y voir Mark Kozelek avec Justin Broadrick, dont la dernière collaboration se révèle être l’une des plus belles surprises de ce début d’année. Si l’on ajoute que Steve Shelley est aussi de la partie derrière les futs on tient là une jolie réunion d’anciens combattants (ils sont accompagnés de Nick Zubeck à la basse, et il me semble qu’il faut garder un œil sur son prochain album qui sort bientôt chez Caldo Verde). De quoi attiser la curiosité des derniers fans de Sun Kil Moon et Jesu, qui semblent s’être réunis ce soir pour que la salle affiche complet.

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Vincent Dupas, alias My Name is Nobody, est en charge d’ouvrir la soirée. Il joue seul à la guitare, de tant en tant il laisse place à de jolies phrases de finger-picking, à d’autres moments, son folk devient plus électrique, la distorsion est assez sale, plutôt forte et ces bourdonnements ont quelques choses de puissant. Sa voix est toujours là, présente pour raconter des histoires qu’il me semble être assez sombres. Passés deux ou trois titres d’échauffement, My Name is Nobody prend ses marques et je range sans hésiter sa musique du côté des premières parties discrètes mais suffisamment belles pour que l’on s’en souviennent encore pendant de nombreuses années.

( ♫) My Name is Nobody – Devon Avenue Blues (Live)

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Commençons par les points décevants. Tout d’abord le son ne rendait pas vraiment hommage aux groupes ce soir. Dommage car la guitare à huit cordes (huit!) de Justin Broadrick aurait mérité un meilleur mix pour ces multiples phrases distordues, passées à je-ne-sais-quelles pédales de delay. Ensuite je n’aurais pas été contre une reprise de Like Rats, surtout après l’interprétation acoustique que Kozelek a réalisée il y a deux ans. Malgré ça et le cabotinage de l’ex-chanteur de Red House Painters, j’en garde quelques beaux moments, comme cette version émouvante d’Exodus, dédiée aux victimes du 13 Novembre, prompte à tirer quelques larmes dans le public et Beautiful You qui s’étire sur une longue note mélancolique, déterminée à ne jamais s’arrêter, comme s’il ne fallait pas conclure cette soirée. Que j’en oublie la pluie qui tombe en sortant de la salle, tout en me remémorant les bons mots d’America’s Most Wanted Mark Kozelek, est la preuve indéniable que j’ai passé une bonne soirée.

( ♫) Jesu / Sun Kil Moon – America’s Most Wanted Mark Kozelek (live)

Texte, Bootlegs et mauvaises photos par Mathieu Gandin

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