Michel Cloup et Zëro à la Maroquinerie

IMG_2171

Vendredi 1er avril, je remonte la rue de Ménilmontant pour aller voir Michel Cloup Duo et Zëro à la Maroquinerie, suites respectives et contemporaines de deux des plus beaux groupes de rock français des années 90. Non il ne s’agit pas de Noir Désir mais bien de Diabologum et Bästard dont les albums ont su replacer Toulouse et Lyon sur la carte des villes où il est bon d’apprécier l’intransigeance sonique. Sur la scène, la musique d’Eric Aldéa, Franck Laurino et Ivan Chiossone multiplie les déluges électriques avant de revenir à des ambiances post-rocks, plus calmes, qui me semblent parfaitement appropriées pour ceux qui aiment le jazz. A un moment je reconnais le riff de Chinatown, joué sur un très grosse basse et je me peux m’empêcher de hocher frénétiquement de la la tête avant de me laisser embarquer dans une profonde nostalgie. Un peu comme si je venais de passer la soirée au Grrrnd Zero.

( ♫ ) Zëro – Boogie Tango Thrill / Cracking (live)

IMG_2179

Je ressors prendre un peu l’air. J’ai juste le temps de m’enfiler un verre avant que Michel Cloup ne monte sur scène. Je n’ai pas encore complètement écouté « Ici et là-bas », je me suis juste contenté des premiers titres déjà lâchés dans la nature comme La classe ouvrière s’est enfuie et Nous qui n’arrivons plus à dire nous, fort justement politiques et parfaitement exécutés ce soir. Julien Rufié est le nouveau batteur, la rythmique est plus métronomique tout en restant aussi puissante que celle de Patrice Cartier, les guitares sont samplés et la voix trouve ici une dimension supplémentaire, quelque chose d’encore plus personnel et touchant, particulièrement sur certains titres calmes comme Qui je suis et Ici et là bas. Quand l’électricité se fait plus forte, je hoche de nouveaux la tête et la plupart des gens dans la salle le font aussi. Etrange sentiment sur Animal Blessé, mélangeant le plaisir immédiat d’écouter ces distorsions et une forme d’amertume à l’écoute du texte dont le discours me semble d’une belle justesse. Comme l’impression d’avoir vu un très beau concert et entendu un compte-rendu lucide et âpre de ces cinq dernières années.

( ♫ ) Michel Cloup Duo – Animal Blessé (live)

Texte, Bootlegs et mauvaises photos par Mathieu Gandin

3 thoughts on “Michel Cloup et Zëro à la Maroquinerie

  1. il semble que ces 2 morceaux de Zëro soient indissociables!!!

    Super merci n’ayant pas eu la de les voir cette année.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *