Thee Oh Sees – An Odd Entrances

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Alors que je n’attendais pas grand chose de ce nouvel album de Thee Oh Sees, je dois avouer que ma surprise fut de taille. Les frénésies propres au garage-punk ont laissé place à une sorte de rock abstrait – oui abstrait- où les lignes mélodiques semblent avoir été écrites pour accompagner quelques moments où la détermination vient bousculer l’immobilité. J’en oublie le train qui avance lentement à travers les paysages étendus. J’ai laissé trainer dans l’appartement quelques bouteilles de bière presque vide. Je n’ai pas vidé les cendriers et la fatigue bat son plein à un point tel que je rêve de m’écrouler sur mon lit. Hypnotisé par les lignes de basse contrapuntiques de Jammed Exit j’en oublie presque tous les autres détails mélodiques.

Sur The Poem John Dwyer a fini de brailler dans son micro. Il a aussi débranché la réverbération et sa voix semble enfin apparaître au naturel (je n’ai pas pris le temps d’écouter « A Weird Exits », possible que le changement ait lieu à ce moment là). Je ne sais pas si c’est moi, mais il me rappelle un peu Colin Newman dans la tessiture, les inflexions, les contraintes d’écritures créatives. La guitare claire et grave marque une rythmique au cordeau tandis que quelques cordes tissent un étrange drone au fond du mix. Sur d’autres titres, on retrouve, mélangés, des éléments de styles du rock progressif, du dub, du psychédélisme, on oscille entre une certaine nervosité et un état de plénitude. On écoute ce disque comme si on traversait une longue plaine où l’atmosphère est chargée d’électricité mystérieuse et désarticulée.

( ♫) Thee Oh Sees – The Poem

Mathieu

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