Mark Eitzel, Strander Horse, Canari et Fernando Viciconte au Divan du Monde

Mercredi 15 février, alors qu’une manifestation semble bloquer la circulation du boulevard Rochechouart je remonte doucement la rue des Martyrs pour me rendre au Divan du Monde où a lieu la première soirée organisée par Magic depuis la renaissance de ce magasine au mois de Janvier. La salle se remplit doucement, il est encore tôt, j’en profite pour prendre un verre et c’est à Fernando Viciconte d’ouvrir la soirée, tout seul en acoustique. L’histoire du monsieur semble assez riche à raconter – un argentin qui vit à Portland – et ces compositions s’écoute tranquillement. Il y a par moment des accents folk d’inspiration à la Neil Young dans le jeu de guitare et un chant que je trouve à la fois fort et sensible, et c’est plutôt bien.

( ♫) Fernando Viciconte (Live)

 

Ce n’est pas de cette manière que j’imaginais finir la soirée, mais bon, on n’a pas toujours le choix, non ? En ce qui me concerne l’accumulation de fatigue commence à se sentir en déclenchant une première vague de douleur dans les lombaires et j’en oublierai presque d’écouter le concert de Canari. Et pourtant il y aurait tant à dire sur ce psychédélisme doux, cette basse rebondissante, cette batterie métronomique et cette guitare – une jolie Fender Jazzmaster blanche – claire gavée de réverbération. J’avoue avoir une préférence pour les titres répétitifs par rapport à certaines compositions qui me semblent faire un peu trop la part belle au soft-rock, mais encore une fois j’ai mal au dos.

( ♫) Canari (Live)

 

Je m’assoie, je me débarrasse de mon sac et puis je m’approche de la scène. Yann Tambour de Stranded Horse joue seul ce soir – c’est presque dommage de ne pas entendre Boubacar Cissokho au Kora et Eloïse Decazes aux choeurs, mais ça sera pour une autre fois – et je reste tranquillement absorbé par cette ensemble de cordes pincées. Une reprise de Joy Division se glisse à ma grande surprise au milieu de ces titres acoustiques, mais je reste scotché par l’élan mélodique qui s’installe doucement sur Dakar. Assurément l’un des plus beaux moments de cette soirée.

( ♫) Stranded Horse (Live)

 

Cela fait presque une vingtaine d’années que je n’ai pas vu Mark Eitzel sur scène. C’était autour de 1997, à la Boule Noir et Ignatus – que l’on voit aujourd’hui dans le public – ouvrait pour lui ce soir. L’ancien frontman d’American Music Club y jouait seul avec une guitare acoustique, la voix était magnifique et la sensibilité à fleur de peau. Aujourd’hui c’est toujours le cas et j’en tirerais presqu’une larme de bonheur. Seule ombre au tableau – outre ce mal de dos qui s’intensifie – Bernard Butler qui place un peu trop souvent des riffs dont on se passerait bien, ne serait-ce que pour profiter une fois de plus de la voix toujours magnifique et de la sensibilité toujours à fleur de peau de Mark Eitzel.

( ♫) Mark Eitzel (Live)

Texte, enregistrements et mauvaises photos par Mathieu Gandin

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