Royal Trux, Group Doueh & Cheveu et Uranium Club au Festival Villette Sonique

Vendredi 26 mai, j’arrive en plein milieu de la performance de Bernadino Femminielli qui me rappelle les séquences d’infiltration dans les bars gay qu’effectue Al Pacino dans « Cruising » de William Friedkin. Musicalement, comme les ambiances à la Georgio Moroder retombent assez rapidement je pars faire un tour du côté du stand merch tout en avalant une bière. Bonne surprise, le rock furibard de Uranium Club sonne comme une version punk-garage des premiers titres de Devo et attaque la soirée avec une rare efficacité. Je hoche de la tête tout en regardant la roue hypnotique posée sur la scène, comme pour mieux accentuer les effets répétitifs de leurs compositions. Habillé comme des nerds, le bassiste ressemble à Garth dans« Wayne’s World» qui aurait trouver un job d’informaticien et passerait sa frustration en hurlant dans le micro tout en plaquant quelques accords dinosauresque sur son instrument. Il n’en faut pas plus pour que Uranium Club recharge mes batteries malheureusement vidées par ces dernières semaines.

( ♫) Uranium Club (Live)

 

J’avoue attendre le live de Group Doueh et Cheveu avec un mélange d’impatience et de curiosité. De l’impatience car « Dakhla – Sahara – Session » fait partie de ces disques récents qui pose avec une rare efficacité la question du partage et de la confrontation musicale au delà des frontière. De la curiosité car j’ai vraiment envie de voir le résultat de cette collaboration sur scène ce soir. Il n’en faut pas beaucoup pour mettre tout le monde d’accord, poussé par Group Doueh qui réussit à parfaitement emballer la grande Halle de la Villette, Cheveu sort de sa ligne principale – electro-punk déglingé pour faire court – et s’aventure vers un rock dansant, psychédélique et humain. Le set atteindra son paroxysme avec Bord De Mer où le claviériste El Waar ainsi que le fils de Doueh iront slammer sur un public déchainé. Je capture ce moment tout en me disant que l’enregistrement ne restituera qu’une infime partie de l’intensité de ce qui se passe dans la salle.

( ♫) Group Doueh & Cheveu – Bord De Mer (Live)

 

Allez savoir pourquoi, le seul disque que j’ai vraiment écouté de Royal Trux est « Accelerator » ainsi qu’une poignée de titres glanés sur d’internet. Autant dire que je suis complètement passé à côté du groupe que je m’apprête à découvrir sur scène pour cette reformation un brin opportuniste. Bien que  sous effet de l’alcool et probablement d’autres substances psychédéliques, Jennifer Herrema s’en sort plutôt bien avec son attitude Rock sur le fil du rasoir, surtout quand elle bidouille sa voix – qui sonne un peu comme celle d’Axl Rose mais avec plus de respect de soi quand même – avec un pad Novation. Neil Hagerty torpille ce qui reste de mes tympans avec sa Gibson SG et je me dis que son jeu de guitare mériterait que l’on y revienne plus souvent. Il est minuit passé, je reste un temps fasciné par cette musique avant de rentrer chez moi, épuisé.

( ♫) Royal Trux – Platinium Tips (Live)

Texte, enregistrements qui saturent et mauvaises photos par Mathieu Gandin

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