Woods – Love is Love

On est probablement beaucoup à idéaliser les promenades ensoleillées à Coney Island, même si en 2017 la réalité doit être tout autre que celle un peu bohème que l’on peut se faire d’une promenade au bord de mer en plein Brooklyn. Les beaux jours venants, on cherche une musique qui pourrait s’accorder le mieux avec le soleil couchant. Les mélodies de Jeremy Earl sont probablement l’une des plus belles réponses à ça, même si après un début assez convenu le nouveau disque de Woods, « Love is Love », s’abandonne à un psychédélisme des plus doux. On y entend des trompettes lointaines, des basses rondes, une rythmique calmos et des sons de synthétiseurs assez hypnotiques ponctués de quelques accords de guitare passés au filtre d’une pédale whawha. Jeremy Earl tente le jazz cosmique sur Spring Is In The Air et j’avoue être assez fasciné par ce qu’il essaie de faire en étant ainsi hors de son temps.

Les notes se dispersent dans la pièce tandis que les nuages commencent à s’amonceler dans le ciel. Les accords mineurs nous donnent une indication, un signe désoeuvré des années à venir. Jeremy Earl a enregistré ce disque quelques mois après l’arrivée de Trump à la tête des Etats-Unis et nous le découvrons pendant le résultat des élections françaises. L’impression est désabusée, chaque phrase mélodique nous rappelle combien il va être important de se serrer les coudes pour la suite des événements. Jeremy Earl joue avec les sons, garde ses mots pour plus tard et c’est notre monde qui semble se dessiner à l’écoute de ces arrangements enfumés.

( ♫) Woods – Spring Is In The Air

Mathieu

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *