Slowdive, The Lemon Twigs, Ty Segall, Mac Demarco, Car Seat Headrest à Rock En Seine

Dimanche 27 août, je marche sous le soleil pour me rendre à Rock En Seine. Le festival n’a pas toujours bonne réputation, le prix de la place, sa programmation trop varié et son positionnement juste avant la rentrée y sont sûrement pour beaucoup, mais c’est parfois l’occasion d’y voir quelques groupes que je n’ai pas l’occasion de voir le reste de l’année. J’attaque avec la power-pop Car Seat Headrest qui me fait penser aux Weezer avec vingt ans en moins. Les guitares sont abrasives, les textes semblent cacher quelques fêlures et les compositions augurent d’un indéniable talent d’écriture. Signe qui ne trompe pas, le second guitariste porte un t-shirt de Dinosaur Jr.

( ♫) Car Seat Headrest – Drunk Drivers / Killer Waves (Live)

 

Je pars faire un tour du côté de la grande scène pour tomber sur Deluxe, groupe festif qui somme la foule de « jumper jusqu’à en devenir complètement fou ». Comme j’ai un peu mal aux chevilles je me dis que je suis définitivement trop vieux pour ces conneries. Je pars prendre un verre et je tombe sur le set de Rendez-vous. Je les avais déjà vu dans une ambiance plus sombre en première partie de Cult Of Youth. Il me semble que les compositions trouvent aujourd’hui une puissance de feu supplémentaire, la basse nous torpille les tympans comme tout bon groupe de post-punk qui se respecte, la boite à rythme progresse à la cadence d’une mitrailleuse et le chant martial est probablement le plus radical que l’on peut entendre aujourd’hui. Et quand le claviériste se désaltère avec une bouteille de Jack Daniels, Rendez-vous renvoie dos à dos tous ces groupes de rock devenus trop clinquants.

( ♫) Rendez-vous (Live)

 

Sixième fois que je vois Ty Segall sur scène et j’ai presqu’envie de lui tirer mon chapeau tant le bonhomme a su rester constant que ce soit en terme d’intégrité musicale que dans sa manière de distribuer les riffs à tour de bras. Mikal Cronin, fidèle au poste, le soutient avec sa basse Rickenbaker. Le sieur Ty Segall se fait à tour de rôle punk, garage, glam avec des petits airs de T-Rex et par moment bien heavy en lorgnant du côté de Black Sabbath mais aussi de Iron Maiden – et c’est plutôt une bonne chose – pour certaines phrases guitaristiques partant dans les aiguës. Malgré un petit soucis d’accordage avec sa superbe Travis Bean, le set de Ty Segall est une fois de plus parfaitement bien exécuté. Une question subsiste, pourquoi ne pas l’avoir programmé sur la grande scène ?

( ♫) Ty Segall (Live)

 

En parlant de la grande scène, c’est fort logiquement que j’enchaine avec le set Mac Demarco que j’aime bien sur disque – notamment « 2 » et « Salad Days » – mais qui finit par me laisser totalement de marbre sur scène quand son côté faussement branleur prend le pas sur tout le reste. Impression renouvelée lors de sa reprise de Vanessa Carlton. On rigole de ce léger cynisme mais j’ai surtout envie de prendre un verre. Il faudra probablement à Mac Demarco plus que des clins d’oeil amusés aux précédentes décennies pour être aussi perché et touchant que l’immense Jonathan Richman.

( ♫) Mac Demarco – Freaking Out The Neighborhood (Live)

 

Je m’enfile un burger en regardant The Lemon Twigs. J’avoue n’avoir écouté que très rapidement leur deuxième album mais j’en étais resté à des compositions assez rétro. Impressions confirmées ce soir avec ce live qui ressemble à ceux de Paul McCartney & The Wings circa 1974. On y entend aussi quelques accents glams, avec parfois l’intention de s’approcher du  Queen de “Sheer Heart Attack”. Le groupe semble mettre tout le monde d’accord en attaquant avec son tube, le mignon I Wanna Prove To You. Fatigué, je m’assoie dans l’herbe en écoutant d’une oreille discrète les mélodies sucrée des frères D’Addario.

( ♫) The Lemon Twigs (Live)

 

La nuit se lève quand Slowdive arrive sur scène et je ne pouvais rêver meilleur moment pour cette musique cotonneuse. Le set pioche allègrement dans leur dernier album, puis dans « Souvlaki » – avec notamment Alison et When The Sun Hits – ainsi que « Spanish Days » en plaçant en troisième position le vaporeux Catch The Breeze. Je me laisse doucement emporter par la voix diaphane de Rachel Goswel, la basse répétitive de Nick Chaplin et les guitares brumeuses de Neil Halstead et Christian Savill. Au bout de quelques minutes, tout disparait progressivement dans une belle vague de distorsion et de delay. Quand les premières notes de Souvlaki Space Station démarrent, les étoiles brillent pour nous.

( ♫) Slowdive – Souvlaki Space Station (Live)

Texte, enregistrements et mauvaises photos par Mathieu Gandin

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