Ex Eye

L’intensité du jeu de saxophone de Colin Stetson déploie une telle énergie sur ce premier disque d’Ex Eye que ces compositions s’imposent immédiatement comme une réponse au chaos qui nous entoure. Ex Eye ça signifie bien évidemment le chiffre « XI » dont je vous épargnerai les significations cosmiques, même si d’un strict point de vu mathématique il s’agit là du cinquième nombre premier et du premier palindrome à base de chiffre. Mais cela n’est rien comparé à la puissance sonique que déploie ce quatuor, où Greg Fox tient la rythmique avec une endurance décuplée derrière sa batterie tandis Toby Summerfield fait du bruit avec sa guitare et Shahzad Ismaily teste les limites de la transcendance de cette musique avec un clavier bourdonnant jusqu’au moment où chaque note se grave dans notre cerveau. On aurait voulu oublier cette musique qu’on n’y serait pas arrivé.

Je ne sais pas trop comment j’en suis revenu à réécouter Colin Stetson. J’avoue ne pas avoir poussé plus loin l’envie de me replonger dans les ambiances brumeuses de ses récents disques. Pour tout dire c’est la force de ces compositions qui m’a eut en premier, avant de me rendre compte que le saxophoniste d’Arcade Fire et Bon Iver – au passage, deux projets musicaux auxquels il m’est devenu impossible de m’intéresser aujourd’hui – était de la partie. Reste qu’après les dix premières minutes intenses de Opposition/Perihelion ; The Coil on n’entend plus qu’une longue improvisation au saxophone, un puissant drone de guitare distordue et, au milieu de tout ce bruit, comme suspendue, une lente ligne de basse, sûrement jouée au clavier, d’une puissance mélodique et d’une simplicité telle que je pourrais l’écouter pendant des heures, comme hypnotisé par cet étrange effet de répétition.

( ♫) Ex Eye – Opposition / Perihelion ; The Coil

Mathieu

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