Oneohtrix Point Never – Good Times

Courir dans la rue à en perdre haleine car le temps est compté. Des voitures coincées dans les embouteillage klaxonnent en vain alors que la nuit est en train de tomber. David Lopatin configure ses claviers modulaires avec la ferveur de ceux qui souhaiteraient voir les appareils jouer à leur place. Les machines arythmiques démarrent, leurs moteurs semblent s’emballer toutes les minutes, elles comblent les bruits de la ville qui remontent à la fenêtre. Je pense à cette nuit qui n’en finit pas. J’écoute ce râle synthétique qui sonne soudainement comme une voix vaguement humanisée. Les basses tremblent. Les lignes mélodiques évoquent quelques fantômes sortant de machines cassées pour illustrer un film.

A quel moment le braquage de la banque a-t-il foiré ? Quand avons-nous compris que le plan n’était pas bon ? La suite sera-t-elle encore pire ? Pourquoi courir dans cette nuit ? Quelle raison nous pousse à s’accrocher à ce dernier espoir, fut-il aussi minime ? La pluie tombe et nous nous arrêtons pour écouter quelques notes de piano. Au loin nous percevons une étrange rythmique grave vaguement réverbérée. Un bourdonnement léger s’incruste doucement dans notre cerveau. La voix nous rassure. Elle porte la patine de ceux qui ont suffisamment vécus pour devenir sage par la force des choses. Lorsque la musique se termine, Iggy Pop n’est plus qu’un spectre rassurant dont l’âge avancé lui permet d’enfin trouver sa valeur.

( ♫) Oneohtrix Point Never – Flashback

Mathieu

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