Elysian Fields – The Afterlife

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Quand il s’agit de parler de classe, il est difficile d’aborder le concept de manière précise ; on l’a ou on ne l’a pas. Et de classe, Elysian Fields n’en manque assurément pas après dix ans d’activité. Malgré un deuxième album produit par Steve Albini, et avorté par leur label pour cause de dissensions artistiques, le duo a su s’imposer doucement avec leur musique exaltante d’atmosphères indolentes.

Il y a toujours eu quelque chose de torride et sensuel dans les albums d’Elysian Fields. Et “The Afterlife”, officiellement le cinquième album de Jennifer Charles et Oren Bloedow, est nimbé de volutes jazzy qui nous accompagnent au-delà de l’écoute de ces dix morceaux. Il faut dire que la voix fatiguée de Jennifer Charles sonne idéalement pour des soirs où l’on se sent abattu et les arrangements d’Oren Bloedow regorgent de volupté. Et quand il s’agit de nous embarquer dans des ambiances nocturnes et enfumées, cette musique ne manque pas d’élégance.

On s’installe alors tranquillement sur How We Die, morceau épuisé mais pas abattu, soutenu par la voix charnelle de Jennifer Charles. On entre avec délectation dans ces compositions soutenues par cette superbe voix, un piano lascive et quelques notes de guitare léthargique, maintenues par une batterie délicieuse. Elysian Fields sait ménager ses effets avec une certaine classe : Sur Turn Me On, le duo invite Thelonious Monk, tandis que Only Tonight démarre avec une rythmique bossa avant de décoller vers des cieux plus rocks.

Alors que les dernières notes de ce tête à tête galant qu’est Ashes In Winter Life, on se retrouve tout ébaubi, dans un état de léthargie insidieux mais confortable. “The Afterlife” sonne donc comme un présent inattendu, d’autant plus qu’Elysian Fields est un duo assez rare et précieux. Une raison supplémentaire pour ne pas laisser passer cette occasion pleine de charme.

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