Peter Von Poehl – May Day


Depuis son premier album, “Going Where The Tea Threes Are”, Peter Von Poehl est passé de la position d’un illustre musicien de l’ombre (Burgalat, Chamfort, Delerm) à celle d’un songwriter accompli. Et c’est avec impatience et curiosité que l’on attendait son successeur, “May Day”, un disque de pop majeur regorgeant de compositions ensoleillées et sereines, dont la moitié des textes est ici écrite par sa compagne, Marie Modiano.

L’écriture aérienne de Peter von Poehl est ici l’occasion de nous montrer l’étendue et la beauté des styles musicaux qu’il aborde. Il y a là une belle écriture folk, gorgée de tonalités soul et de mélodies pop façonnées dans un si bel écrin que l’on se dit qu’ici la musique se travaille autant que de l’orfèvrerie. Ces arrangements simples et beaux s’inscrivent dans la droite lignée de certains songwriters dont les talents ont su donner quelques lettres de noblesses à cette vieille dame qu’est la pop ; Peter Von Poehl poursuit ici la mélancolie d’un Nick Drake qui en serait resté à “Bryter Layter”, de Fred Neil ou encore de Dennis Wilson.

Rempli de cuivres généreux, le bien nommé Parliament ouvre avec une certaine classe l’album, de façon lumineuse et généreuse. Mais après ce départ en grande pompe, Peter Von Poehl brouille les pistes et sa musique se fait plus languissante et précieuse, comme les superbes Forgotten Garden et Near The End Of The World où la voix chatoyante et la guitare acoustique de Peter Von Poehl sont au cœur de ces compositions amplifiées par quelques phrases d’orgues au diapason et de lignes de basse mélodique. Plus introspectif, la simplicité de Mexico et Silent Is Gold, ponctuée de picking en accords mineurs, se révèle précieuse, parfois triste et mélancolique, mais jamais larmoyante. Enfin les magnifiques May Day et Elisabeth sont l’occasion d’apprécier le talent de Peter Von Poehl pour nous raconter une belle histoire.

“May Day” se conclue de la même manière qu’il avait commencé, festif et soul, avec An Eye For An Eye qui fait écho à Parliament, bouclant ainsi la boucle de ce superbe disque. Et nous laissant sur un silence admiratif devant tant d’élégance.

Article publié sur le site Indiepoprock.net

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *