Bowerbirds – Upper Air


C’est avec une heureuse surprise que l’on saisit “Upper Air”, le nouvel album des Bowerbirds. On s’était déjà laissé prendre par ces mélodies boisées que l’on avait découvert il y a deux ans sur “Hymn For A Dark Horse”, le premier disque de Beth Tacular et Phil Moore. Aujourd’hui, le duo poursuit dans sa ligne acoustique, tout en bénéficiant d’un son un petit peu plus riche avec l’arrivé d’un batteur, Matt Damron, délivrant quelques pulsations minimalistes au cœur de ses compositions folks, plus sèches et rustiques que sur “Hymn For A Dark Horse”.

Les Bowerbirds savent nous emporter dès le titre inaugural, House Of Diamonds, où on entend beaucoup cette guitare acoustique, sur laquelle Phil Moore plaque quelques accords rugueux tout en chantant d’une voix mélancolique, fiévreuse et habitée. Une intensité qui ne nous lâchera pas avant la fin du disque, et qui sait rester discrète tant Moore laisse beaucoup de place pour ses camarades.  Sur Beneath Your Tree, les touchantes harmonies vocales de Beth Tacular se révèlent plutôt fragiles et délicates et viennent apporter un contrepoint idéal aux notes feutrées de ce mélange de guitare folk et d’accordéon.

Avec Northern Lights on se rend vite compte que ces Bowerbirds sont en train de prendre leur envol sous nos yeux. La batterie se fait plus affirmée, quelques notes de piano viennent s’incruster discrètement, cette composition se fait moins introspective. Sur Chimes elle ne parle plus seulement qu’à nous, elle cherche à embrasser un auditoire plus large avant de retrouver la sobriété d’un dispositif minimaliste. C’est fort logiquement que Crooked Lust remet en avant les cordes pincées et  frissonnantes de Phil Moore, pour une chanson intime, amicale, en forme de cocon, qui fait tomber la nuit.

La musique des Bowerbirds est précieuse avec ses harmonies d’intérieur, réchauffées par le soleil qui se serait glissé au travers des persiennes. C’est un joli bonheur qui nous étreint jusque dans les dernières notes de This Day. Si sur la longueur, leur musique risque de s’enfermer dans une formule répétitive, ces Bowerbirds n’en demeure pas moins de beaux oiseaux que l’on écoutera chanter encore pour un bon moment.

Article publié sur le site Indiepoprock.net

Par Mathieu.

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