Le disque du dimanche : At Action Park de Shellac


L’exposition de fin de guerre. Travis assistait au vernissage de l’exposition. A l’intérieur de la galerie, les invités visionnaient un ensemble de films pornographiques projetés sur différents écrans, disposés partout dans l’installation. Une musique stridente était diffusée, des guitares anguleuses venaient attaquer les oreilles de Travis. Il demanda alors ce que c’était, « At Action Park de Shellac », lui répondit un spectateur avisé. Travis remarqua alors que des photographies de séances tortures exécutées dans la prison d’Abou Ghraib étaient incrustées en images subliminales dans les films pornos. Il commença à avoir un affreux mal de crane, au moment où la basse rouleau compresseur du producteur Bob Weston se retrouva seule avec la batterie mathématicienne de Todd Trainer. Sur le film, Saddam Hussein était en train de se faire sodomiser par George Bush, alors que l’autre producteur, Steve Albini, hurlait « My Black Ass ! ».

Le dernier jour des musiciens morts. Nathan avait acheté un nouveau jeu vidéo, une simulation de la mort de nombreuses rock-stars. En jouant sur sa console, Nathan pouvait être Kurt Cobain s’enfonçant un canon de fusil de chasse dans la bouche avant d’appuyer sur le détente, Jeff Buckley qui se noie au fond de Wolf River, Ian Curtis qui décide de se pendre après avoir écouter “The Idiot” d’Iggy Pop et vu « La ballade de Bruno S » de Werner Herzog, Bon Scott qui s’étouffe dans son vomi, John Lennon qui se fait tirer dessus par un fan, Buddy Holly qui meurt dans un crash d’avion, Elliott Smith qui se plante un couteau dans le cœur. La bande son du jeu était constitué d’extrait de morceaux de Shellac, on y entendait Steve Albini scander “It’s all right, if it’s make you feel better” sur Song Of The Minerals ou encore “It comes as no surprise he’s taken by surprise / That’s man who says it’s your turn in the barrel” sur The Admiral. La puissance sonore du power trio rendait encore plus réaliste le jeu vidéo.

Rapport d’épidémie. Le virus s’était propagé plus vite que les prévisions des autorités. Travis, toujours vivant, se promenait dans les décombres de la décharge. Les survivants y avaient enterrés les premières victimes, avant de les recouvrir de leurs biens. Au milieu de ces vestiges mortuaires, Travis pouvait voir un tas d’ordinateurs et de téléphones portables ; certains fonctionnaient encore, animés par les dernières réserves de leurs batteries. Travis pouvait entendre la guitare de Steve Albini qui jouait en boucle Il Porno Star. Avec Bob Weston et Todd Trainer, ces trois musiciens produisaient une musique acérée qui prenait Travis à la gorge, cadrant ainsi parfaitement avec cette atmosphère annonçant la fin de tout.

Par Mathieu

PS: Pour ceux qui ne l’auraient pas deviné, c’est en lisant “La Foire aux Atrocités” de J.G Ballard que m’est venu l’idée de cette chronique …

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