Chasse aux vinyles : Episode 4

Trouver des bons vinyles pour pas trop cher, au milieu d’un bac improbable est souvent gratifiant. Dans ce cadre, le rayon occasion de Gibert Joseph (Le Bleu, pas le Jaune) fait  partie de ces endroits où l’on découvre parfois une jolie découverte, cachée là au milieu de tout un tas de vieux disques mal foutus, comme un signe des temps passées. Car le rayon des vinyles d’occasion de Gibert est une anomalie spatiotemporelle où l’on retrouve quelques perles au milieu de vieux disques d’Accept ou Rick Ashtley. Cet endroit est aussi le moyen de faire quelques bonnes affaires, puisque tous les disques sont à 6 euros, autant dire pas grand-chose par rapport à ce que l’on peut trouver dans le neuf.


Repartir de là-bas avec une bonne galette tient à peu de chose ; un vendredi soir, le coup de chance, un vendeur avait déposé des vinyles d’occasion, je regardais dans le tas, où je dénichais « Mutation » de Beck, état presque neuf, et surtout une rareté, car si on excepte les rééditions, les vinyles des années 90 se font rares, tant cette décenie était plutôt une période de vache maigre pour ce format. Pour moi Cela reste le dernier bon Beck (ahah), très folk, plutôt calme, avec beaucoup de passages au clavier, joué par Nigel Goldrich, qui produit aussi le disque. Beck y excelle comme songwriter avec des titres très personnels, et je me laisse toujours aussi facilement entrainer par les effets bénéfiques et reposants des tonalités de Cold Brains et Nobody’s Fault But My Own.


Mettre la main sur du Crosby, Still, Nash & Young est assez facile, le bac d’occasion de Gibert est remplie de leurs pires disques, et autant vous prévenir, il n’est pas toujours facile d’y repartir avec « Déjà Vue », mais une fois je suis tombé sur la compilation « So Far », où l’on retrouve quelques titres que j’apprécie beaucoup de ce super-groupe : Helplessly Hoping, Find the Cost Of Freedom, Woodstock, Suite : Judy Blue Eyes, Wooden Ships et surtout deux énormes morceaux de Neil Young avec Helpless et enfin Ohio, enregistré pour un single, en réaction au massace de l’université de Kent State, où la garde national avait tiré sur des étudiants.


L’état de la pochette était assez incertain, mais ça convenait parfaitement au « Never Mind The Bollocks » des Sex Pistols que je dégotais aussi par hasard. Je ne suis pas un grand fan des Pistols, mais les singles que sont God Save The Queen et Anarchy In The UK demeurent des bombes punks toujours aussi libératrices et destructrices. Inutiles de préciser que sur vinyle ça tape encore plus fort que sur CD, et qu’à 6 euros, il aurait été dommage de s’en passer …


Mais l’ultime coup de chance arriva un samedi matin, où je tombai sur « First Issue » le superbe premier album de Public Image Limited, le second groupe de Johnny Lydon, que je préfère largement au Sex Pistols. La version CD que je possède a un son dégeulasse, et surtout les titres ne sont pas dans le bon ordre. Cette version vinyle est dans un très bon état et redonne ses lettres de noblesse à ce chef d’œuvre de post-punk, surtout en replaçant la basse caverneuse de Jah Wobble au centre de cette musique qui sonne comme du dub froid, animé par la voix de muezzin de Johnny Lydon et les guitares torturées de Keith Levene.


Enfin, j’ai eu aussi la chance d’acquérir dans un bon état le « Recent Songs » de Leonard Cohen, qui est le dernier album folk du bonhomme, avant qu’il ne découvre le synthétiseur. L’inaugurale The Guests est toujours aussi superbe. A noter aussi The Lost Canadian, chanté en français par Leonard Cohen …  Un bon album, qui n’est pas le plus connu du songwriter canadien, et qui est un peu plus rare à trouver que les autres, que je vois parfois passer dans un très très mauvais état.

Voilà, le rayon vinyle de Gibert est un endroit qui ne paye pas de mine avec ses livres de classe et ses disques un peu pourri, mais j’aime bien y passer de temps en temps, pour forcer un peu  le destin, dans l’espoir de repartir avec une jolie prise …

Par Mathieu

2 thoughts on “Chasse aux vinyles : Episode 4

  1. Never mind the bollocks, album du siècle précédent et de loin. Un jour j’expliquerai pourquoi.
    Mais pour en revenir à Gibert Joseph, j’ai toujours été très étonné d’y voir une telle variété. Le rayon disques de la Fnac est peut-être vide, mais à chaque fois que je suis allé à Gibert, il y avait du peuple.
    Dans le même coin, j’aime bien aller aussi à Silly Melody et chez un disquaire spécialisé dans la musique classique dont je ne me souviens pas le nom mais ce n’est pas grave.

    1. Oui, j’aime bien allé aussi chez Silly Melody, les prix ne sont pas trop exorbitants et le stock se renouvelle assez régulièrement.
      Pour le disquaire spécialisé dans la musique classique, ce ne serait pas la Dame Blanche. Je n’y vais pas souvent, mais de temps en temps, quand j’y passe, j’y trouve quelques trucs …

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