Jim O'Rourke – The Visitor

Il y a quelques mois, lorsque l’annonce d’un nouveau disque solo de Jim O’Rourke avait été annoncé, je sentais venir comme une pointe d’impatience, tant “Insignifiance” avait laissé une trace indélibile par son excellente cohérence ; entre rock, pop et folk, ce disque sonne comme un classique instantané, le fruit d’une belle collaboration avec Jeff Tweedy et Glenn Kotche de Wilco. Il faut dire qu’après avoir sauvé Sonic Youth de la routine en devenant son cinquième membre, s’être expatrié au Japon pour réaliser des B.O pour Kōji Wakamatsu, et formé quelques side-projects comme Loose Fur, Jim O’Rourke n’a pas eu le temps de s’ennuyer.

En réalisant “The Visitor”, Jim O’Rourke sort de sa demi-retraitre, et propose un sucesseur à la trilogie des disques “Bad Timing” – “Eureka” – “Insignifiance”, qui avait été réalisée en hommage aux films de Nicholas Roeg. En grand amateur de guitares folks et des cordes pincées que manie si bien John Fahey, Jim O’Rourke débute son « Visitor » sur quelques notes acoustiques, simples, radieuses et très aériennes. Puis la musique s’arrête pour reprendre de plus belle sur une nouvelle mélodie, avec de nouveaux instruments. Au fur et à mesure Jim O’Rourke rassemble toutes ces ambiances pour en faire un gigantesque morceau de trente-huit minutes, qui constitue l’essentiel de cet album. Entièrement instrumental, « The Visitor » vient enrichir les travaux que Jim O’Rourke avait démarré avec les quatre morceaux du disque « Bad Timing », et ajoute une nouvelle pièce à la collection de disque de post-rock qu’il a déjà réalisé.

Au delà de la légère exigence d’écoute, liée au fait que Jim O’Rourke aime à changer de mélodie dès que la composition commence à s’installer confortablement dans nos oreilles, ce « Visitor » n’en demeure pas moins un grand disque de folk. Jim O’Rourke mêle clarté des lignes mélodiques et foisonnement des matières sonores ; outre la guitare acoustique qui le pose en grand amateur de picking, il y ajoute quelques intermèdes au banjo, ainsi qu’un piano qui désarçonne par son dépouillement et le sentiment de nostalgie qu’il évoque.

Ce dernier vient d’ailleurs conclure le morceau de bravoure avec quelques notes éparses, comme suspendues dans les airs, et impose ainsi “the Visitor” comme un grand moment d’épure et d’abstraction.

Par Mathieu

Chronique publié de façon légèrement différente sur Indiepoprock.net

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