Jonathan Fire Eater – Wolf Songs For Lambs

« Wolf Songs For Lambs ». C’est amusant ce disque fait écho avec la journée qui vient de se terminer, où j’ai réfléchi a comment être un peu moins un agneau. Pourtant ça fait longtemps que j’avais envie d’écrire sur Jonathan Fire Eater, un groupe de 1997 qui a connu une existence courte, plusieurs EP, deux albums, une poignée de concerts et puis la séparation. Enfin, pas complètement, puisque Paul Maroon (guitare), Walter Martin (Orgue) et Matt Barrick (batterie) ont depuis rejoint The Walkmen, trouvant là une formation plus stable que Jonathan Fire Eater.

En réécoutant ce disque maintenant, je me rend compte qu’il contenait déjà en 1997 toute l’arrogance rock du premier album des Strokes, un chant désinvolte, des guitares velvetiennes, des orgues farfisa qui cherchent à ressuciter les Sonics, des lignes de basses puissantes et charpentées. Jonathan Fire Eater est finalement arrivé trop tôt, avant de se faire cocufier plus tard par la bande de Julian Casablancas. Il faut dire qu’en 1997, le rock était fatigué, on adulait « Ok Computer » et Tortoise, on bloquait sur Portishead et Massive Attack, et les groupes à guitare devaient être aussi fort que Jon Spencer Blues Explosion pour survivre…

Je me souviens, je les avais vu au Festival des Inrocks, entre Gus Gus et Jay Jay Johanson, leur concert avait été plutôt classe et dénotait franchement au milieu de tous ces groupes de Trip Hop. Et puis plus rien, à part ce disque « Wolf Songs For Lambs », que j’aime bien réécouter de temps en temps, en particulier When The Curtain Calls You et surtout Station Coffee. Là, Jonathan Fire Eater touche du doigt l’urgence rock, celle qui vit le temps de trois singles et qui devient culte au fur et à mesure des générations. Je me rappelle avoir vu Mogwai au même moment, quand ils n’étaient qu’un power trio, guitare / basse / batterie et  jouaient très fort en alternant arpèges et déluges bruitistes. C’est une impression très forte, que j’associe souvent avec la découverte de Jonathan Fire Eater

Maintenant tout ça est fini, place aux Walkmen, leur musique est certe plus belle, plus pop, plus folk, plus « mignone », mais je n’arrive pas à accrocher à ce groupe. Ca doit venir de la voix d’Hamilton Leithauser qui sonne trop comme un mélange de Dylan et Springsteen. Ca doit venir du fait que le classicisme a remplacé l’accuité …

( ♫ ) Jonathan Fire Eater – Station Coffee

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Par Mathieu

7 thoughts on “Jonathan Fire Eater – Wolf Songs For Lambs

  1. J’ai découvert Jonathan Fire Eater sur la b.o du film d’Yvan Attal “Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants” avec le titre “Station Coffee”.
    C’est clair que 1997 a eu son lot de très grands disques : “OK COmputer”, “Ladies and Gentlemen We Are Floating in Space”, “Homogenic” le superbe “Curtains”, “Brighten the corners”, “Portishead”, “The fat of the land”….Que de grands albums avec forcément d’autres perdus au milieu !!!!

    A + +

      1. C’est vrai mais la B.O est extra, très indie rock & électro :
        The Pale Fountains / The Velvet Underground & Nico (2 titres) / Jonathan Fire Eater / Radiohead / The Cinematic Orchestra (4 titres)/ Brad Mehldau “Paranoid Android” / Cousteau / Sparklehorse et même Louis Bertignac et Burt Bacharach ! Pas mal, non ?

        Ce serait marrant de faire une playlist des B.O les plus rock’n’roll !!!!!

        A + +

        1. Ah oui, y en a plein des BO bien fichues. De mémoire : The Crow, Natural Born Killer, Lost Highway, 24 Hour Party People, …

  2. C’est justement la voix de Leithauser qui me fait tant aimer les Walkmen. Et puis ce son caractéristique que l’on reconnaît immédiatemment. Hâte de les voir à Paris dans 3 semaines!! (sans toi donc je suppose 😉

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