Wire au Point Ephémère

Samedi 13 Février, je suis fatigué et je me rends au concert de Wire, qui a lieu ce soir au Point Ephémère et affiche complet depuis déjà quelques temps. Je marche tranquillement entre la Gare De l’Est et le Quai de Valmy, et je me demande quel public sera présent ? Des vieux punks qui auront encore la force de me filer un coup de coude en pogotant ? Des jeunes hipsters ? Arrivé sur le quai, devant la salle, je vois une foule cosmopolite. D’Angleterre, d’Italie, d’Allemagne, on est aussi venu voir Wire dans cette petite salle de Paris. Je vois aussi des parents avec leurs enfants, une pensée pour ces deux garçons de dix ans, qui ont du prendre ce soir une sacrée décharge électrique dans leurs oreilles …

Je rentre tranquillement dans la salle et les belges de Madensuyu démarrent leur set nerveux. Ca joue de la guitare abrasive et ça tambourine sur la batterie avec une précision métronomique, ça joue en duo et ça mixe la rigueur de la musique électronique et la puissance de quelques accords distordus joués sur une vieille guitare électrique (une Fender Mustang, il me semble). Les deux belges de Madensuyu joue sur l’énergie, et semble en avoir à revendre, tant celle-ci nous attrapera dès le premier titre et ne se relâchera pas jusqu’à la fin de leur passage. Beaucoup de discipline et une bonne première partie, c’est assez rare pour être signalé …

La salle est maintenant entièrement remplie, je suis au fond, prêt du bar, avec des amis et voilà qu’arrive sur scène Colin Newman, Graham Lewis, Robert Gotobed, accompagné de Matt Simms le guitariste qui les accompagne en tournées. Wire démarre tranquillement et multiplie les changements de route, un peu pop, un peu punk, un peu new-wave, ressortant des morceaux de « Red Barker Tree » et d’autres plus anciens.

Et puis Colin Newman échange son Eastwood Airline verte pour une vieille Ovation Breadwinner blanche (que l’on peut voir dans cette vidéo de Practise make perfect), et Wire s’emballe pour un Moreover des plus punk et abrasif, rigueur, discipline et distorsions qui nous laisse sans voix. Puis ça continue avec Comet et quelques titres de « Pink Flag ». Graham Lewis chante aussi parfois, dont la Fender Precision bass est au moins aussi présente que les guitares de ses compères . Devant nous, un sombre hipster presque barbu s’ennuie et met à jour son statut Facebook, si je n’étais pas si fatigué, et avec dix ans de moins, j’aurais sûrement cherché à un peu plus secouer tout ce petit monde blasé …

On ressort épuisé mais heureux, le post-punk de Wire vieillit bien, tient toujours une part d’avant-gardisme et d’urgence nerveuse. On garde encore en tête cette version hypnotique de Red Barked Tree

Par Mathieu

3 thoughts on “Wire au Point Ephémère

  1. Après Swans, The Ex, The Fall et Television Personalities en 2010, c’est au tour des pères fondateurs du son Post punk, Gang Of Four et Wire, de sortir un nouveau disque. Et quels disques !!

    Gang Of Four avec le très électrique, nerveux et rageur “Content” et Wire avec le plus contrasté “Red Barked Tree”. Constrasté par les différentes ambiances mais pas par la qualité de ses morceaux. Comme quoi, les anciens ne sont pas finis……Fort heureusement !!!

    1. Ah ça oui, les papys du post-punk sont de retour. Par contre je n’ai pas écouté le Gang Of Four. Il parait qu’il est moyen, mais je vais faire un effort pour le découvrir.

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