Séquelles

Maxinquaye

L’autre jour j’en avais un peu marre des nouveautés et je me suis dit que c’est le bon moment pour ressortir quelques disques qui datent d’une bonne quinzaine d’années. Entre deux plaisirs honteux à la pochette jaunissante j’ai retrouvé « Maxinquaye » de Tricky. Mince, ça faisait bien longtemps que je ne l’avais pas écouté celui-là. Il faut dire, qui se souvient encore du trip-hop à part des trentenaires dont je fais partie ?… J’avoue m’être précipité sur les disques de ce genre pendant la deuxième moitié des années 90, après m’être abreuvé jusqu’à la lie de heavy-metal, de punk, et de rock indépendant. Dans mes souvenirs, je crois que j’en avais un peu marre des guitares …

Ca ne dura pas longtemps, il faut dire que le trip-hop s’est vite réorienté vers du lounge où se mélange la vacuité et le cynisme du début des années 2000 (juste avant que les Strokes ne viennent faire leur hold-up.) Un comble quand on y pense, pour moi cette musique restera toujours associée à l’idée de mélancolie et de samples. Il y avait toujours des basses généreuses, des boites à rythmes et le chant désincarné d’une fille triste accompagnée d’un type qui se lance dans un rap pluvieux.  De tous ces groupes (qui se rappellent d’Alpha ?) je garde Massive Attack (jusqu’à « Mezzanine »), Portishead et surtout Tricky. Contrairement à ces anciens potes de Massive Attack, Tricky avance toujours, il se remet en question à chaque morceau, il rejoue sa mise à chaque nouvel album quitte à prendre le risque de composer un disque raté. Il a un parcours un peu chaotique et j’aime bien.

Le gars n’a pas peur de donner quelques claques. Avec Hell Is Round The Corner il ira même jusqu’à se moquer du sample un peu trop facile du Ike’s Rap II d’Isaac Hayes utilisé par Portishead sur Glory Box. Mais s’il y a bien un morceau de Tricky que je réécoute toujours, c’est bien Aftermath. Ce titre je l’ai entendu jusqu’à l’usure, le soir dans ma chambre d’étudiant, à déprimer un peu sur ma solitude parisienne. J’imaginais Tricky tranquillement sur son lit, torse nu en train de fumer un joint, une fille nue qui ressemble à Martina Topley Bird allongée à côté de lui. Dehors il pleut et le jour se lève doucement sur l’Angleterre grise. Ah il faut dire que dit comme ça, je l’enviais un peu Tricky … Aujourd’hui, j’ai ressorti ce disque parce qu’on est dimanche soir. Allez savoir pourquoi, la nostalgie a toujours fonctionné chez moi comme un cliché …

( ♫) Tricky – Aftermath

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Mathieu

2 thoughts on “Séquelles

  1. Alpha oui, les autres je ne sais pas, mais pour moi c’est Come From Heaven (97), album planant et moelleux, édredon volant.
    Je l’écoute parfois en étant toujours aussi surpris par sa mélancolie heureuse et résignée, sa façon de mettre k.o. en douceur jazz soul et pop, mêlés dans un coma assez extatique, ou extase comateuse.
    Infiniment moins tendu, tourmenté et ténébreux que le trio de tête Tricky Porti & Massive. Pas aussi passionnant que Boards of Canada ou Broadcast.
    Mais dans le style trip-trip-hop (impression d’en avion au dessus des nuages après 3 verres de whisky), Alpha a laissé ce disque suave.
    B.O mentale où ils citent et sample Bacharach/David, Michel Legrand, Gershwin, Sylvia Plath, Dusty Springfield, … jusqu’à Francis Lai …
    Alpha ne peut être que de bonne compagnie. Je le conseille en ces temps froids et violents.

    1. Vu en concert au festival des Inrocks 97. Je me souviens qu’ils jouaient aussi d’une batterie sur scène, le feeling était assez jazzy.

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