Etienne Jaumet – Du Cortex à l’Iris

Modulations abstraites, Bleeps graves et saturés, boites à rythme obsédantes : en marge de notre monde, Etienne Jaumet  joue sur ses claviers comme pour ouvrir une porte mystique vers un autre univers. Ses compositions sont le résultat de recherches sonores donc chaque articulation est une prolongation directe de l’underground électronique français des années 70. Pierre Henry, Heldon et Patrick Vian, des fantômes semblent s’échapper de ses machines qui grésillent comme jamais pour nous hypnotiser avec quelques nappes synthétiques. Au bout d’un moment, toutes les boucles se répondent parfaitement l’une de l’autre, Etienne Jaumet en profite pour prendre son saxophone et improviser comme si cette musique pouvait durer pour l’éternité.

Etienne Jaumet est de retour aujourd’hui avec un nouveau disque, « Du Cortex à l’Iris », qui, dans la prolongation de « 8 Regards Obliques » et « Night Music », nous propose huit nouveaux titres où l’EBM abstraite est capable de nous plonger aux confins d’un état second. Il nous chuchote à l’oreille dès les premières minutes, comme pour nous indiquer que cette musique semble être branchée en direct sur son cerveau et que rien ne pourra empêcher notre attention de finir absorber par ce nouvel espace virtuel. Entre deux notes de basse slappée jouées sur un Yamaha ou un Korg, il reprend son souffle sur Body Music pour pleurer de rire, à moins que ce ne soit le contraire. Une fois de plus, le saxophone n’est jamais loin pour convier une dose de free-jazz à la dernière minute.

Il arrive parfois ce qui arrive à présent, sur Ode To My Car Etienne Jaumet nous propose une longue plage à la fois ambiante et rythmée pour rouler sur le boulevard périphérique extérieur, après y être entré porte d’Ivry à deux heures et demi ou peut être trois heures un quart du matin. L’ensemble provoque une sorte d’euphorie vaguement Kraftwerkienne où l’émotion n’est pas sans nous rappeler nos découvertes des mixtapes ou de notre premier visionnage de Blade Runner, c’était en 1994 dans une salle de cinéma pour son premier director’s cut. Il y a là quelques choses de suffisamment vibrants pour nous maintenir éveillé, éclairé, vivant, voire même plus.

(♫) Etienne Jaumet – Ode To My Car

Mathieu

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