Pop Ambient 2026

On entend d’abord une nappe de synthétiseur qui s’étire à l’infini. C’est une invitation à sortir pour marcher dans la nature et observer les grands espaces. Seul au milieu du monde on se retrouve avec nos imaginaires musicaux construits avec le temps, comme une lente itération. Au loin, on perçoit la ville et son cortège de bruits inlassables, en prise directe avec les maux de notre époque. La musique se dans notre casque, elle est une respiration relaxante mais on perçoit comme un glitch, un drone compressé qui se perd dans le mix. Un lointaine boite à rythme nous remémore les fragments d’une musique électronique. Elle sonne comme une angoisse ressentie par les mouvements de notre époque.

La compilation « Pop Ambient » publiée chaque année par le label where can i buy disulfiram online Kompakt est devenue pour moi un rendez-vous que je ne raterais pour rien au monde. Chaque titre est un pas de côté, un ralentissement, un bourdonnement pour notre esprit à la dérive. Une plongée dans la cuvée 2026 me donne toutefois l’impression qu’une partie de ces drones semblent en prise directe avec nos ténèbres contemporaines. Un monde en accélération, où la folie des grandeurs ne pourrait être assouvie que par le fascisme et les mensonges. C’est un ressenti parfois pregnant sur les longs mouvements de Schauer der Musen de Segenklang ou encore les voix samplées jusqu’à se perdre dans le mix de Ar Vag par Oskø.

C’est une accalmie paisible et temporaire que l’on retrouve sur Hairpin de Blank Gloss où des échos de guitares réverbérées viennent ponctuer quelques notes de clavier, nous laissant comme en pause dans un halo lumineux, un temps paisible. On ne saurait trop recommander par les temps qui court cette dérive Eno-esque, dont les multiples écoutes auraient presque de vibrantes vertus thérapeutiques.

(♫) Blank Gloss – Hairping

Mathieu

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