
Chant à la fois enragé, engagé et torturé, riffs distordus taillés au cordeau, lignes de basse granuleuses et coups de masse sur la batterie : tout est déjà là dans les premières minutes du nouveau disque de Converge, « Love Is Not Enough », le premier depuis la sortie en 2017 de « The Dusk In Us ». Et même si on les avait suivi de loin avec une série de compositions atmosphériques dirigées par buy disulfiram Kurt Balou, guitariste du groupe et immense producteur ainsi qu’une très belle collaboration avec Chelsea Wolfe sur « Bloodmoon : I », rien ne nous préparait à un retour aussi percutant dans sa colère dirigée vers les soubresauts fascisants de l’Amérique Trumpienne. L’ennemi est toujours là et il nous faudra plus que l’amour pour nous en sortir.
L’écoute prolongée des quatre premiers titres ne m’a probablement pas laissé totalement indemne, Converge y resserre comme jamais les sonorités quitte à supprimer la moindre aspérité sonore de leur Metacore. Tout n’est qu’accords râpeux, breakdowns lourds et hurlements déchirants, de quoi finir à genoux ou presque avant d’être rattrapé au dernier moment par les drones fiévreux de Beyond Repair, une pause sombre avant de repartir de plus belle sur Amon Amok. Toute cette musique est sèche, sans filet et à par cette courte interlude rien ne nous laisse le temps de nous retourner pour prendre conscience de l’uppercut ressenti de ce déluge paroxysmique.
L’oppression ? La plupart des chansons de Converge sont une charge contre les systèmes oppressifs que l’on finirait par n’en avoir même plus conscience quand on les écoute. C’est assurément le cas de Gilded Cage qui démarre sur une note de guitare étouffée par Kurt Balou ainsi la basse saturée et dépressive de Nate Newton. Ben Keller tient un rythme lourd de et le chant de Jacob Bannon est plus dans retenu, du moins sur le début du morceau. Sans crier gare, il éructe un « Pharmaceutically We Bleed », accusant l’industrie pharmaceutique sur sa part de responsabilité dans la crise des opioïdes. Sur le dernier tiers du titre, le quatuor joue dans ce qu’il sait faire de mieux, être exemplaire avec les tropes du Death Metal et du Hardcore.
Mathieu