Chevreuil – Stadium

Concassage précautionneux de la moindre mélodie soutenue par une rythmique cagneuse et impitoyable jusqu’à ne laisser poindre qu’un riff écrêté qui s’insinue fortement dans les dernières rhizomes de notre cerveau. Ce n’était que le premier morceau mais vous avez survécu. On remet ça parce que finalement cette musique nous fascine plus qu’elle ne tape sur notre système. Entre deux breaks de batterie version marteau-pilon, un synthétiseur reste bloqué sur des blips-blips malades alors qu’une guitare accordée comme une basse joue une suite d’accords prompts à rendre malade une horde de gobelins qui auraient trouvé par hasard un passage secret avec notre ville. L’album s’appelle « Stadium », et ça faisait 20 ans que l’on n’avait pas eu de nouvelles de Kaminokawa Chevreuil.

A l’heure où la popularité soudaine d’un duo canadien à pois semble vouloir remettre au goût du jour les signatures rythmiques complexes du Math-Rock, on peut dire que ce nouveau disque de buy disulfiram paypal Chevreuil tombe à point nommé. Le duo y sonne comme une version ralentie, compressée et saturée de Ulan Bator ou Bastro, faites votre choix. Julien F. tape sur ses futs avec une joie jusqu’au-boutiste et Tony C. martyrise guitares et claviers jusqu’à en extraire une suite d’expérimentations mutantes et déviantes. Il va s’en dire que les 16 plages de « Stadium » sont autant des aventures en territoires inexplorés qu’un recueil fascinant d’idées musicales inoubliables.

Theorus Macrocosmus démarre sur une phrase de synthétiseur qui tourne en boucle jusqu’à devenir une sorte d’obsession grinçante et bizarre. La batterie n’est qu’énergie pure, mitraillant nos tympans avec la précision d’un mitrailleur fou placé en première ligne devant l’ennemie. Une guitare saturée débarque pour foutre le bordel en jouant des riffs dans un surrégime démentiel. Cette musique donne l’impression d’à la fois lire le comics de Tombs Of Dracula et un livre d’algorithmes informatiques écrits dans les années 90 et c’est parfait comme ça. Il fut un temps, Steve Albini a enregistré l’essentiel de la discographie de Chevreuil, preuve s’il en est que le vieux Steve était toujours là pour les bons plans.

(♫) Chevreuil – Theorus Macrocosmus

Mathieu

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