Bowerbirds – Tom Brosseau – Damien Jurado – Lundi 26 Novembre au Point Ephémère

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Je vous voir venir à propos des Bowerbirds, à quoi bon allez voir ce groupe qui risque de vite être oublié, et bien c’est précisément pour cette raison que je suis allé à leur concert, car après ça sera trop tard pour moi. Je pense que c’est le cas typique du groupe lancé rapidement, un peu étoile filante, avec deux premiers albums assez sympathiques et très proches en terme d’écriture musicale, un groupe que je risque d’oublier quand ils en sortiront un troisième. Bref, un peu kleenex, ni trop mauvais pour être jeter à la poubelle, pas totalement inoubliable pour être porté aux nues, un groupe de pop-folk qui s’écoute tranquillement quand on est fatigué, abattu et qu’on a besoin d’un peu de confort avant de se remettre à chercher des musiques plus complexes. Une certaine esthétique du milieu qui risque de disparaître avec la décennie qui se termine, un peu comme certains groupes des 90’s qui imitaient les guitares lourdes de Nirvana, sauf qu’elle ont été remplacée aujourd’hui par des cordes pincées et de l’accordéon.

Pour toutes ces raisons, je suis me suis rendu au Point Ephémère lundi dernier où était programmé aussi Tom Brosseau et Damien Jurado. En entrant dans la salle après que le serveur m’ait offert une bière, parce que j’ai eu la politesse de laisser passer quelqu’un devant moi pour le service, j’ai un peu du mal à trouver une place, visiblement il y a beaucoup de monde. Rapidement Tom Brosseau arrive sur scène, tout seul avec une guitare folk, et gratouille quelques accords tout en chantant avec un léger accent sudiste. Lorsqu’une chanteuse vient le rejoindre, et que Tom Brosseau reproduit un familier « boom-chicka-boom » à la guitare, je me dis que ces deux-là ont dû beaucoup écouter June Carter et Johnny Cash, sauf que le chanteur n’a ni la voix grave ni la présence de ce dernier. Si on ajoute à cela une tenue qui évoque celle de Dylan sur la couverture « The Time They Are A-Changin’ », on se dit que cela fait beaucoup de références trop évidentes. A moins que cela ne soit pas calculé, et que je sois trop tatillon sur les détails … Toujours est-il que le set, minimaliste, folk et boisé s’écoute plutôt tranquillement, sans trop se forcer les méninges, et le duo est assez touchant en finissant son dernier morceau dans la fausse, au milieu du public, sans aucune amplification. Grosse sensation auprès des photographes en herbes qui n’ont qu’un téléphone portable (kill ‘em all !!).

Puis Damien Jurado arrive, lui aussi seul avec sa guitare folk. Assis sur scène et plutôt chaleureux avec le public, le songwriter exécute finement certains de ces plus beaux titres. A voir sa technique de picking, je me dis que je n’ai pas pris assez de cours de guitare … Plutôt habité par ces chansons, Damien Jurado démarre son set avec une certaine intensité, qu’il ne maintiendra malheureusement pas jusqu’au bout de son concert. Dommage, car si j’aime beaucoup lorsque il exécute des compositions à fleur de peau, j’accroche un peu moins quand il retombe dans une certaine facilité en se bloquant sur quatre accords qui font rapidement penser à du sous-Neil Young.

Le temps de me rappeler que j’ai un EP en vinyle de Damien Jurado – avec un lock groove et une face gravée avec les paroles des titres, un luxe !!! – et les Bowerbirds sont déjà sur scène. A l’aise face au public et plutôt extraverti, Phil Moore martèlent quelques accords sur sa guitare classique et chante plutôt bien, tandis que Beth Tacular l’accompagne avec son fidèle et discret accordéon qui fait lorgner de temps en temps le set vers une certaine mélancolie, mais aussi un clavier venant ainsi rompre le caractère boisé de ce groupe. Enfin l’apport d’un batteur rend la structure de leur composition un peu plus dynamique, et les morceaux du groupe se trouvent exécutés de façon plutôt efficace en live. Jonglant entre folk et pop, In Our Talons, Teeth, ou encore House Of Diamonds s’enchaînent plutôt bien et tombent presque à point pour ce lundi soir où l’on est déjà fatigué par le weekend et la semaine à venir. Vers la fin du concert, je sens quand même comme une limite dans ses compositions qui risquent vite de tourner en rond. Une question me trotte alors dans la tête : comment vont évoluer les Bowerbirds ? Vont-ils continuer dans cette formule, au risque de s’enfermer rapidement dans un petit confort qui nous fera vite oublié le groupe pour passer à autre chose. Où bien vont-ils changer quelque chose, se mettre à l’électrique, voire l’électronique, quitte à perdre totalement leur âme dans ce virage … Mais c’est au milieu de mes pensées, en plein sur le Quai Valmy que je vois un taxi, il est temps de rentrer me coucher, et de toute façon, pour un groupe Kleenex que je ne reverrais peut être pas, j’étais bien content de les voir sur scène. Un bon moment quand même, et une drôle de sensation éphémère …

Par Mathieu

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