Magnolia Electric Co – Josephine

Parfois quand on n’y arrive pas, mieux vaut prendre une bonne pause avant de repartir. Ce fut le cas pour écrire ces quelques mots, trop de fatigue et pas assez de temps pour découvrir ce nouveau disque de Magnolia Electric Co. Jason Molina lui-même s’est arrêté pendant un an, après le décès accidentel de son bassiste Evan Farrell, à qui « Josephine » est dédié. Un disque de deuil donc, sans pour autant être plombé par le propos, comme si ce folk-rock était traversé par une certaine ambiance claire-obscure.

A commencer par le lent slow de The Rock Of Ages, que l’on imaginerait bien accompagner la scène d’un film de David Lynch. Dans un bar d’une banlieue américaine, on verrait un type avec un blouson et des lunette noire danser langoureusement sur ce titre avec une jeune femme blonde, à moins que cela ne soit la brune … Une certaine image nostalgique d’une bien étrange amérique, véhiculée par la voix langoureuse de Molina, un piano d’un autre temps et une guitare qui twangue. On sent bien que tout pourrait s’arrêter là, à l’écoute de Rock Of Ages

Le superbe Whip-Poor-Will, tout en guitares boisées, entre accords majeurs folks, cordes pincées et superbes slides renvoie à leurs études toute une horde de barbus fraichement débarqués du premier open-mic venu. Et puis il y a cette voix de Molina, triste mais pas abattue, profondément humaine, piquant même la place cette année au grand Neil Young, tant son dernier album « Fork In The Road » était particulièrement raté. D’ailleurs le très électrique The Handing Down (By The River ?) vient taquiner une fois de plus le loner sur ces plates-bandes, en envoyant une section rythmique des plus charpentée et une guitare particulièrement abrasive et bluesy. Enfin l’orgue de Little Sad Eyes distille un groove trouvant ces racines dans quelques endroits plus urbains, comme une halte aux milieux des paysages champêtres évoqués tout au long de « Josephine », la basse y est une fois de plus particulièrement mélodique, portée par le travail de mise en son exemplaire de Steve Albini.

Pour le reste, inutile de vous énumérer les titres, ils sont tous très beaux, long et langoureux. Un album qui s’écoute tard, lorsque l’épuisement réclame que l’on aille se coucher plutôt que de faire quoique ce soit d’autre. Un grand disque pour des soirs fatigués …

Par Mathieu

Chronique publié de façon légèrement différente sur Indiepoprock.net

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