Route Du Rock – 15 Août 2010

Aujourd’hui ça va mieux, le temps est avec nous et les groupes sont bons.  On regarde la liste des concerts annoncés : Thus:Owl, Archie Bronson Outfit, Serenah Maneesh, The National et Flaming Lips. Une fin de festival qui fait déjà plus envie que la journée précédente. Cette fois-ci on arrive à l’heure et on traine un peu sur le site du festival devenu chaotique avec la boue de la veille. Heureusement il fait soleil.

Quelques notes retentissent dans le fort de St-Père et déjà un petit groupe de festivaliers se rapprochent de la scène (on y croise Erwan et Cataras), Thus :Owl commence de jouer son folk-rock plutôt calme, un peu lent, mais assez agréable pour ce début des festivités. Sans être transcendent, le groupe réussit un beau morceau de bravoure de quinze minutes venu conclure ce set plutôt habité et langoureux.

Les choses s’accélèrent très vite avec l’arrivé d’Archie Bronson Outfit. Sur disque, c’est le genre de groupe que je trouve sympathique mais vite oubliable, par contre sur scène ça envoie beaucoup plus. Habillés de boubous, le quatuor empoignent quelques jolies guitares bien vintages et balancent la purée avec une collection de riffs plutôt efficaces et une rythmique puissante, leur batteur semble être un métronome humain doublé d’un cogneur de fut. Efficace, simple et concis …

Puis c’est au tour de Serenah Maneesh, annoncé comme un groupe de shoegaze, et qui dès les premières notes cherche à retrouver tout le bruit que My Bloody Valentine et A Place To Bury Strangers s’étaient évertués à produire l’année dernière. Le chanteur et guitariste prend beaucoup la pause et oublie de faire de la bonne musique. Difficile de trouver quoique ce soit de bien à sauver dans ce tas de boue musical qui mélange bruit et boite à rythme. On part alors chercher un vinyle dans le stand Labels & Fanzines. Je cherche du bruit, mais finalement je repars avec « Fade To Grey » de The Dream Syndicate (pas leur meilleur, mais bon quand même …). Pendant ce temps-là Serenah Maneesh gonfle tout le monde …

Attendus avec impatience, The National met du temps pour faire décoller son set, on en profite donc pour faire un tour du côté d’Arte Web Live , présenté par Garrincha de la Blogothèque et François du Pédiluve. Et puis Matt Berninger commence à s’énerver un peu sur son micro, les guitares d’Aaron et Bryce Dessner s’emportent, et il suffit d’un Fake Empire, qui nous file au passage un joli frisson dans le dos, pour que ce set soit comme l’un des plus grands moments du festival. Malgré l’ennui de leur dernier disque, The National demeure impérial dans le Fort de St-Père en trouvant là un superbe conclusion avec leur Terrible Love, bien meilleur sur scène que sur disque.

Cela n’avait pas échapper aux plus observateurs d’entre nous, il y a deux étranges canons de couleur orange sur chaque côté de la scène. On se rappelle alors de ces photos vues sur internet, celles des concerts de Flaming Lips. Les mêmes qui nous ont donné envie d’être là, car ça faisait longtemps que je voulais voir la bande de Wayne Coyne en live. Pendant qu’un barbu gratouille de la guitare folk loin dans le fort (je crois que c’est Josh T Pearson), on voit les musiciens installer la scène tout doucement, et on peut voir un stock de gros ballons sur l’arrière de la scène … Puis, surgis d’un écran projettant le film d’une fille nue, recolorée de façon psychédélique, le groupe s’installe sur scène, pendant que Wayne Coyne marche sur la foule, coincé dans une énorme boule transparente qui évoque étrangement celle du Prisonnier … Et puis c’est le lâché de confettis et de ballons, tandis que la grosse basse fuzz de Worm Mountain met nos oreilles en feu. Mais peu importe, on est comme un petit enfant le jour de son anniversaire. C’est là qu’arrive un type déguisé en ours, au milieu de danseurs habillés en orange travaux public. Quand Wayne Coyne monte sur les épaules de l’homme-ours, on ne fait plus trop attention à la musique, mais ce n’est pas grave, on est heureux. Deux bonhommes de trois mètres – l’un ressemble à une grenouille, l’autre à une chenille – viennent ensuite danser avec Wayne, avant qu’il ne se mette à jouer Yoshimi Battles The Pink Robot tout seul à la guitare folk.  Y a aussi les mains géantes avec des lasers, avant que ça se finisse en apothéose avec Do You Realize ?? En une heure les Flaming Lips nous ont fait oublier les concerts ennuyeux et la pluie de la veille, on repart alors fourbu mais heureux.

Le lendemain, retour sur Paris, je suis tellement fatigué que je prends plein de café. J’ai la voix grave.Je me surprend à imiter le chant de Matt Berninger sur Fake Empire

Texte et mauvaises photos par Mathieu

4 thoughts on “Route Du Rock – 15 Août 2010

  1. Impressions partagées, pas déçu par les groupes que je venais voir (les magistraux The National en tête) et plus que pas convaincu par Serenah Maneesh, dont je n’ai pas vu le set passer finalement, occupé à discuter au bar avec Vincent mais aussi un fan de Sufjan Stevens qui a remarqué mon tee-shirt Illinoise 😉

  2. Petite question sur The National : Ont-ils joué le superbe, épique et onirique “Anyone’s ghost” (titre n°3 du dernier album) ? Et si oui, qu’est-ce qu’il donne en live ? D’immenses frissons me parcourt à chacune de ses écoutes.
    Finir leur set par le morceau d’introduction de “High Violet” est une excellente idée car “Terrible Love” (déjà très fort en studio) possède une sorte de grandiloquence, de souffle épique idéal pour un final en beauté. Perso, j’aurais imaginé “Sorrow”. En tout cas, j’ai adoré “High Violet” qui semble être un candidat sérieux pour une bonne place dans le traditionnel best-of de fin d’année !

    Les rumeurs des pharaoniques concerts déjantés des Flaming Lips ne sont pas infondées aux vues de tes propos. Et avec ta dernière photo, j’imagine aisément le délire. J’aime les groupes qui travaillent la mise en scène, qui imaginent leurs concerts comme de véritables spectacles visuels, sorte de “théâtre” musical et visuel.

    Merci pour ces récits de ce mythique festival des musiques indé.

    A + +

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