The High Llamas – Talahomi Way

« Berry Adams was late the first day ». Le thé venait d’être servi sur la table du jardin. Tout le monde était là et discutait des dernières fariboles que l’on pouvait déjà entendre un peu partout. Il était en retard, mais ce n’était pas grave. Il préférait rester tranquillement assis au pied d’un arbre, sur les hauteurs d’une falaise, au dessus de la mer. A l’heure qu’il est, tout le monde devait se demander pourquoi il n’est pas encore là, lui il restait serein, le regard vers l’horizon, à profiter des derniers rayons de soleil de la journée, pieds nus, un ukulélé à la main. Peut être que personne n’avait remarqué son absence. Enfin libre …

Il n’y a pas si longtemps, je connaissais surtout Sean O’Hagan par ses intenses collaborations avec Stereolab, celles-là même qui venaient décorer d’orchestrations folles les rythmes hypnotiques de Tim Gane et Laetitia Sadier. Sean O’Hagan, digne descendant des songwriters issus des sixties ; ces artisans, bâtisseurs de belles cathédrales sonores dont il est toujours bon de se perdre. Certains soirs, j’aime bien écouter « Snowbug », disque à la fois si moderne et si classique. C’est le genre de compositions qui donnent toujours l’impressions de découvrir un nouveau détail, une phrase de clavier par ici, une ligne de basse très mélodique par là, ou encore un vibraphone qui surgit au moment où l’on s’y attend le moins.

Aujourd’hui, après la pause que s’octroie Stereolab, Sean O’Hagan est de retour avec The High Llama et un nouveau disque, « Talahomi Way ». Ca démarre avec des mélodies classieuses : quelques arpèges bossa, des claviers vaguement psychédéliques, un piano légèrement désaccordé,  une petite voix lunatique, une basse généreuse ; on se sent plutôt bien avec Berry Adams. Le reste de l’album s’écoute tout seul, chaque titre semble avoir été composé comme pour poursuivre cette quête de la musique pop idéale, celle que l’on écoutera encore dans quelques dizaines d’années sans sentir le poids des années. Parmi ces joyaux et autres orfèvreries, il y a le superbe The Ring Of Gold, dont la conclusion nous fait passer des ambiances folles du « Song Cycle » de Van Dyke Parks à la froideur d’un clavier analogique qui improvise …

Il était assis là sur la chaise, derrière ses grosses lunettes de bakélite noir il contemplait le ciel gris. On ne savait pas trop ce qui lui passait par la tête, c’était une personne assez introvertie. Son regard semblait voir mille images dont nous n’avons pas encore toute la perception. Devant nous, le soleil finissait de se couchait sur la plage. « Berry Adams is already gone » …

( ♫ ) The High Llamas – Berry Adams

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Par Mathieu

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