Daniel Bachman

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Sans trop nous prévenir, Daniel Bachman nous offre l’un des disques les plus atmosphériques qui soit pour accompagner cette fin de mois de novembre. Une ouverture avec un long bourdonnement joué sur une shruti box et me voilà à faire un pas de côté sur le chemin que je suis en train de parcourir au milieu de ce parc. J’en oublie pourquoi je suis venu là. L’eau s’écoule doucement au milieu de la rivière. Je ne me suis pas assez préoccupé de ces moments où l’on observe calmement la nature pour retrouver un peu de ce qui nous permet d’exister pleinement. Je n’arrive toujours pas à me concentrer assez longtemps pour y parvenir mais vous pouvez essayer de le faire à ma place.

On y entend aussi beaucoup de cordes pincées sur une vieille guitare acoustique dont la force mélodique tient autant de la fluidité des arpèges que de la profondeur des basses. Puisqu’on est un peu dans la technique, il ne faut pas oublier cette art de ménager le silence, la pause que l’on savoure tranquillement entre deux slides, sûrement jouer avec un vieux bottleneck, lui même probablement fabriqué, je l’espère, à partir d’un goulot ébréché. Par moment ça s’emballe, la virtuosité fait aussi partie de l’exercice, non sans perdre de vue une forme d’émotion minimaliste, alors bon, on reste là à écouter. Puis quatorze minutes et vingt-trois secondes de longues nappes ambiantes sur Brightleaf Blues II, et on se perd de nouveau dans je-ne-sais déjà plus quelles interrogations existentielles. Après tout, le folk est un miroir tendu vers cette part cachée de notre psyché vadrouillante.

( ♫) Daniel Bachman – Brightleaf Blues I

Mathieu

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