Nango – Setsuwasetsu

La musique de Nango s’ouvre doucement avec les babils d’un bébé avant de laisser la place au trio japonais issu de Sapporo. Guitare, basse et batterie y avancent de concert, les compositions jouent avec les règles du math-rock, les textes ont des airs de poésie japonaise et les arrangements sont parfois étrangement progressifs. Toshiaki Takeda y déclame avec ferveurs ses longs textes sur une montagne de riffs anguleux là où Akane Terui et Ryutaro Iwasaki à la section rythmique posent des fondations en bétons armés, promptes à emballer les arrangements jusqu’à une sorte de cataclysme digne des meilleurs Kajù Eiga. A ce jeu là, les quatre morceaux placés en ouverture, Ninja World, Numa, Gorilla Panic et Kosher Creatures – l’art du bon titre semble appartenir aussi à Nango – laisseront à coup sûr certains auditeurs sur le carreau.

Le carnage sonore se calme légèrement avec Self Recognition, dont la construction en mille-feuilles se révèle être l’une des plus belles choses que l’on peut entendre sur « Setsuwasetsu », le premier LP de Nango. Ça démarre sur une phrase de guitare, avec juste ce qu’il faut de delay pour ne pas rendre le titre trop statique, on est pris au jeu, on suit le groupe pour ce qu’il va nous offrir. La batterie arrive assez rapidement pour refermer l’introduction, juste avant que le morceau ne démarre vraiment, là où la basse débarque en embuscade. Toshiaki Takeda se lance dans un monologue impérieux, aidé du reste du groupe avec quelques choeurs éparses. Vers trois minutes le tempo ralentit progressivement pour laisser place à un étrange bourdonnement, puis la phrase de guitare revient, le volume est plus léger, mais c’est de courte durée. Nango repart de plus belle, Toshiaki Takeda finit son poème alors qu’il semble aux confins de la folie et puis plus rien, à part quelques coups de batterie. Il me fallait bien ça pour revenir de vacances.

( ♫) Nango – Self Recognition

Mathieu

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