Hegoa – Carcascara II

Il fait beau et il est tard. Assis dans le studio, les musiciens prennent leurs guitares classiques. Il y a un micro devant eux. Ils commencent à jouer : Arpèges cristallins, percussions discrètes, chuchotements et vocalises graves en guise de chant. Par instant, on entend un orgue et le bruit des oiseaux savamment enregistrés dans un jardin. Le temps est comme suspendu, on retient sa respiration pour ne pas faire un faux mouvement, et puis tout va mieux, on oublie les horreurs du moment en écoutant la beauté de ces arrangements minimalistes.

Je ne connaissais pas Hegoa avant que Fred Paquet ne pointe la référence de ce label sur sa page Facebook. Je découvre leur travaux, on y entend du folk primitif, des drones hypnotiques, du field-recording et quelques autres expérimentations sonores. La fatigue aurait tendance à me rendre hermétique à ce genre de musique, mais les compositions acoustiques que l’on peut écouter sur « Carcascara II » ont en elles la beauté silencieuse de la nuit qui se lève sur un plaine sinistrée depuis quelques décennies. Des mélodies discrètes gravées sur vinyle, que je compte bien laisser envahir mon salon.

Makila Da Eroa ouvre le disque en reliant le nord de l’Espagne avec le sud de l’Angleterre. Les notes boisées défilent, les cordes sont pincées, caressées et il me semble entendre trois guitares qui se répondent parfaitement. De temps en temps, quelqu’un s’approche du micro pour chanter timidement une petite mélodie. On parcourt des paysages inconnus, on imagine des BO imaginaires, on dessine une ligne de fuite. Il fait jour et c’est l’heure de la promenade.

( ♫) Makila Da Eroa

Mathieu

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