Zombi – Direct Inject

Une basse monolithique accompagne des synthétiseurs nocturnes sur une batterie métronomique qui occupe tout l’espace sonore. On y croise les fantômes de Snake Plissken, John Ada et MacReady, mais la fin de carrière de John Carpenter – à partir de « In The Mouth Of Madness », grosso modo – aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Il n’est dorénavant plus possible de mâcher du chewing-gum et botter le cul des méchants, aucun héros bad ass ne viendra rompre l’ordre établi, ni même le déconcerter. A la place, il ne nous reste plus qu’à écouter leurs héritiers directs, Steve Moore et AE Paterra. En duo avec Zombi, ils jouent envers et contre tout cette longue litanie inspirée de films d’horreur et d’action des années 80. Sorti il y a quelques jours, leur dernier disque, « Direct Inject », vire au sublime avec ses visions prophétiques du mal.

Le saxophone lascif de Sessuale I & II sera une pause de courte durée. Leurs intonations légèrement ambiantes me plongent parfois dans un état second, comme si je n’étais pas vraiment là malgré le bruit et les mélodies pops. Je pense parfois à Etienne Jaumet et son immense For Falling Asleep, 20 minutes obliques, fascinantes, hantées par les traces cosmiques d’un fantôme agité. Le reste de « Direct Inject » semble être une longue improvisation navigant entre le rock synthétique et la bande-son d’un pur cinéma blockbuster. Une musique sans parole qui nous exalte par sa manière de titiller notre imaginaire adolescent.

Avec Improvise Adapt Overcome, Zombi débarque placidement sur une modulation bourdonnante et une batterie pachidermique. Les nappes de synthétiseurs viennent alléger tout ça dans une étrange ambivalence, les mélodie sont à la fois progs et extrêmement simples. Tout ceci en deviendrait presque hypnotique. Il ne manque plus qu’une guitare électrique mais ça aurait probablement été de trop. On imagine alors des robots prendre le contrôle des compositions de Steve Moore et d’AE Paterra, comme une extension de nos vies ordonnancées par une intelligence artificielle techno-optimiste. Ultime incarnation du mal jusqu’au prochain bug qui viendra dérégler à jamais cette musique.

( ♫) Zombi – Improvise Adapt Overcome

Mathieu

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.