
Jeudi 25 juin, je traverse un Paris devenu invivable avec sa température approchant les 40°. J’arrive au Trabendo, par chance il reste encore un peu de fraîcheur dans la salle lorsque Dewey démarre tranquillement son set avec le rock éthérée et prophétique de City Has Come to Crash. On le sait, les années 90 et le shoegaze fascinent par moment la jeunesse et le quatuor capture ça merveilleusement bien. On y reviendra sûrement car le reste de la soirée est sous le signe du punk-rock californien, voire du skate-core comme on disait en 1998, avec le retour de Nathan Williams et son groupe Wavves, que j’avais un peu perdu de vue depuis « You’re Welcome » (presque dix ans donc). La chaleur n’empêchera pas le public de se lancer dans une infernale danse de Saint Guy, prouvant une fois de plus que l’enchainement de quatre power-chords sur une guitare distordue peut encore transformer la vie des gens en un mosh pit.
Le groupe de Nathan Williams est venu défendre sur scène son nouvel album sorti en 2025, « Spun », et dont le punk-rock me redonne un peu d’énergie au petit matin lorsqu’il s’agit de traverser les espaces liminaux de la Défense et de la ligne 1 du métro Parisien. Bien sûr, on connait déjà tout ça par cœur, mais on y retourne à chaque fois sans déplaisir : le Rock ‘n’ Roll Garage de Lucky Stars avec son petit riff mignon chargé de réverbération et sa basse qui ronfle comme jamais, le mur de saturation dès l’ouverture avec Spun, et même les inflexions digne d’un Sum 41 qui aurait passé l’âge de la maturité avec ce Goner au refrain que l’on chantera sous la douche pendant de longs moments.
Au milieu de ce déluge de fuzz, un morceau accroche l’oreille : Holding Onto Shadows sonne parfois comme une belle ballade mélancolique, prouvant une fois de plus que le talent de composition de Nathan Williams demeure intact et à l’épreuve du temps. Passé l’introduction sur des cordes ténues, un piano et une guitare acoustique accompagnent tristement le chanteur avant de laisser la place à un mur de distorsion ample comme jamais pour un refrain indépassable. River Cuomo aurait pu enregistré un tel titre en 2001 mais il ne le fera jamais et le petit solo qui vient conclure Holding Onto Shadows laisse résonner un larsen strident jusqu’au surrégime. Ce n’est peut être pas grand chose mais c’est déjà beaucoup.
(♫) Wavves – Hold Onto Shadows
Mathieu