The Body – Master, We Perish

Effroi, cris assourdis, martellements tambourinés dans vos oreilles, distorsions grésillantes qui attaquent votre cerveau, vous n’êtes pas en train de vous perdre dans un jeu vidéo horrifique digne de Silent Hill 2, vous réécoutez un disque de The Body. Depuis leur premier album sorti en 2004, le duo formé par Lee Bufford et Chip King n’a cessé de composer des pièces expérimentales, extrêmes, à la fois portées par une ambiance malsaine, mais aussi un cri salvateur quand tout va mal. Une sorte de croisement entre Post-Rock dépressif et Doom Metal qui lorgne rageusement vers des vapeurs bruitistes dignes d’un rituel poisseux.

Profitons de la ressortie d’une version étendue de leur EP « Master, We Perish », sorti en 2013 et virage nécessaire pour The Body, avec six titres glaçants qui explorent dangereusement de nouveaux territoires sonores. Dès l’inaugural The Ebb and Flow of Tides in a Sea of Ash le duo distord totalement ce qu’il reste de son rock lourd pour s’aventurer dans une sorte d’avant-garde cauchemardesque avant de se lancer dans une danse de Saint-Guy de l’enfer sur Worship et d’appeler à l’insurrection sur Dead Cop et Cop Killer. On pourra d’ailleurs s’amuser à comparer ces ambiances terrifiantes avec celles de leur prochain disque, « Whole Wide World », qui devrait sortir le 13 Novembre. L’ajout d’éléments électroniques n’est pas de trop et l’endurance auditive sera une fois de plus de mise pour outrepasser l’angoisse et l’effroi de cette musique.

The Blessed Lay Down and Writhe in Agony démarre sur deux accords de guitares cagneux, suivi des psalmodies flippantes de The Assemby of Light Choir et d’une batterie qui progresse comme un flux déshumanisé. Un coup de feu – les armes sont très présentes chez The Body – et la suite n’est que déluge de distorsions autodestructrices, de cris violents, sombres, comme une cendre grotesque qui s’abat sur vos épaules pour tout faire disparaitre. Si vous cherchez à faire réellement peur à votre entourage pour Halloween, c’est ici que ça se joue.

(♫) The Body – The Blessed Lay Down and Writhe in Agony

Mathieu

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