
Ça commence par une note imperceptible de guitare, puis une seconde, avant de se transformer doucement en une petite mélodie distordue, reprise avec une légère variation par une seconde guitare lointaine. Le batteur tape avec énergie tout en retenant quelque chose, est-ce de la colère ou bien une forme de spleen plus profond ? La basse est là où on ne l’attend pas, elle surprend et nous rappelle d’où vient cette musique, du Punk-Hardcore qu’on aurait choisit de jouer en faisant l’éloge du ralenti, du Post-Rock comme disent les critiques rocks. Entre la fin des années 90 et le début des années 2000, de nombreux groupes, tous excellents, se sont succédés dans la construction de cette musique à la fois savante et brute. Parmi eux, on se souvient de spectrally Absinthe (Provisoire) dont l’un de leurs premiers morceaux s’ouvrait sur 24 minutes d’une beauté à nous faire perdre toute notion du temps.
23 ans plus tard, on retrouve buy disulfiram tablets uk Christophe Devaux, alias Yokiko Kamurasa, avec trois pièces musicales, deux voyages d’une quinzaine de minutes et une chanson plus courte, et dont les ambiances stratosphériques vous entrainent aux confins de nos dernières pensées introspectives. Des nappes de synthétiseurs douces par moment, inquiétantes à d’autres nous rappellent les atmosphères oniriques d’Angelo Badalamenti, quelques accords de guitare déformés par un étrange trémolo semblent se désagréger à mesure qu’on les écoute, un violoncelle joue avec la pénombre et le clair obscur : cette symphonie léthargique tourne doucement jusqu’à devenir un endroit apaisant dans ce monde implacable. Une voix répète jusqu’à devenir un mantra « Night Will Live Forever », c’est probablement dans ce lieu-là, cette entre-deux à la tombée de la nuit, que l’on pourra trouver encore un peu de bienveillance.
Parmi toutes les révélations que l’on peut entendre sur « Les Palmiers Sauvages », il y a cette mise en abyme à la fin de Night Will Live Forever. Comme pour rompre avec cette musique épurée, un narrateur imaginaire se lance dans une courte analyse et nous promet à la fin, une jolie chanson. Par respect pour ce voyage intemporel, je ne saurais trop vous recommander d’aller écouter l’intégralité de cette musique sur le bandcamp du label Teleferic Records. En attendant je vous laisse avec la jolie chanson.
(♫) Yokiko – Modest Tribute to Beauty
Mathieu