Liars – Sisterworld

En réécoutant en accéléré la discographie des Liars, on se dit que Julian Gross, Aaron Hemphill et Angus Andrew ont composé chaque album en opposition avec le précédent… Liars a traversé en l’espace de huit ans le post-punk, le noise décérébré, l’ambiant, ou encore les guitares abrasives. Jusqu’à maintenant, je m’attendais donc à une grosse surprise avec “Sisterworld”, surtout que les premières notes balancées sur internet donnaient l’impression que Liars s’était lancé dans le field-recording.

Une première écoute de Scissor et à l’évidence Liars a mixé les différents climats ambiants de « Drums Not Dead » avec l’urgence électrique de « Liars ». Une légère déception pointe alors que j’avais envie de voir Liars continuer de changer de direction musicale. Pourtant, après quelques écoutes, la désillusion se lève rapidement, tant le reste du disque se révèle passionnant, d’une impressionnante cohésion entre la voix sombre, détachée et intense d’Angus Andrew, le travail complexe sur les guitares saturées, et la forte intensité des compositions. Une certaine unité qui donne surtout envie d’écouter « Sisterworld » en intégralité plutôt que de naviguer au gré de quelques titres essentiels.

On pourrait alors s’arrêter sur plusieurs détails marquants, comme la fureur électrique de Scarecrows On A Killer Slant, les drones hypnotiques de Proud Evolution, ou encore la basse poisseuse de No Barrier Fun, mais non, mieux vaut parcourir ce disque de bout en bout. On laisse alors ce punk-noise à tendance psychédélique nous violenter les oreilles, créant comme un rempart de bruit qui nous permettrait de nous tenir à l’écart de tout, loin du monde qui court très vite autour de nous, une bulle protectrice un peu à l’image de la forêt ou de la plage que l’on peut voir en photos sur le site de Liars.

Encore une fois les trois musiciens de Liars réalisent un grand disque et réussissent une musique à la fois puissante, immédiate et intransigeante. Ces compositions parlent autant à mon cerveau qu’à des éléments plus tribaux de mon corps, décidément ce groupe me plait depuis son début, il semblerait que je sois programmé pour les suivre pendant encore un bon bout de temps …

Par Mathieu

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