Stereolab – Not Music

Ce disque est décevant mais il méritait bien quelques mots. Pourtant ce n’est pas trop dans mon habitude de composer un long post pour détruire un disque, il y en a certains qui font ça bien mieux que moi. Alors évidemment quand j’ai pu entendre « Not Music » de Stereolab (la plupart des morceaux ont été enregistrés en même temps que ceux de “Chemical Chord”) je me suis dit qu’il fallait mieux ne pas trop écrire dessus, et continuer d’écouter l’excellent album solo de Laetitia Sadier. Et malgré un sentiment d’amertume, ce qui restera comme le dernier disque de Stereolab contient encore quelques passages inspirés et d’autres beaucoup plus ennuyeux qui viennent malheureusement nous conforter dans la séparation de ce groupe tant aimé.

Restons sur les bons moments, comme les dix minutes de Silver Sands mixées par Emperor Machine. On retrouve là, avec nostalgie, le son de Stereolab, ce mélange de rythme robotique en provenance du Krautrock, la même candeur que Jonathan Richman, le grain de folie de Brigitte Fontaine, et puis tous ces orgues électroniques. Une fois de plus les Farfisas ou les Moogs viennent caresser chaque titre d’une étrange vibration kitsch, tandis que la voix si douce de Laetitia Sadier, pleine d’insidieuse subversion, se révèle toujours si agréable à écouter.

En cherchant bien, il y a cinq ou six morceaux du même style, hypnotiques et psychédéliques. Il y a Pop Molecules (pop 2) et sa guitare Velvetienne, ainsi que les orgues qui font doudoudou sur Laserblast et Sun Demon (d’où viennent ces titres chargés d’ondes psychotropes, un livre de science fiction des années 60 ? Un manuel d’un vieil ordinateur ? Une disquette qui contient des copies de jeux vidéo pour Atari St ?). Il y a aussi les instrumentations luxueuses de Sean O’Hagan sur Two Finger Melody et Delugeoisie, et enfin le mix inspiré de Neon Beanbag par Atlas Sound. Oui, les détails comptent dans ce disque, qui regorge de bons moments, malgré une première moitié ennuyeuse et déceptive.

Malgré tout, j’aime bien ces albums mineurs, pas toujours réussis, pleins de contradictions. Là évidemment, ça sent parfois la fin, l’inspiration vire à la routine et il valait mieux se séparer afin de retrouver un peu le goût de la liberté. Seulement voilà, ce disque est décevant mais il méritait bien quelques mots.

( ♫ ) Stereolab – Silver Sands (Emperor Machine Mix)

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Par Mathieu

6 thoughts on “Stereolab – Not Music

  1. Inégal, terriblement inégal, mais comme tu le dis les grands groupes ont également besoin d’albums mineurs, d’albums libérés de la pression, d’albums auxquels on peut s’adonner sans plier sous le poids d’une trop grande magie.

  2. Je suis d’accord avec toi Benjamin :”..les grands groupes ont également besoin d’albums mineurs..”
    Et certains de ces disques dit “mineurs” révèlent parfois des trésors ou se trouvent réévalués avec le temps. Celui-là, je ne le connais pas.
    Pour exemple, il y a pas très longtemps, j’ai mis sur mon blog 1 post à propos de la réédition de “Bitches Brew” de Miles Davis (à l’occasion de ses 30 ans) ici : http://muziksetcultures.over-blog.fr/article-l-album-prefere-de-miles-davis-demande-a-de-celebres-rockers-58664917.html.
    Un webzine anglais à demandé à de célèbres artistes de la scène indie rock quel était leur Miles préféré. Et j’ai exprimé mon plaisir de voir que Jason Pierce (Spacemen 3 / Spiritualized), dont j’admire énormément le travail, avait fait le même choix que moi :
    “Live/Evil” (1971). Et beaucoup ont été surpris, me parlant d’un disque mineur de Miles. Pourtant, ce disque “mineur”, je le trouve passionnant….Comme quoi !!!

    A + +

  3. décevant en effet, mais tu as raison d’en dire un mot ^^
    le groupe patinait depuis quelques temps, aucun disque franchement mauvais mais il manquait un truc,
    comparé aux disques de Monade et de Laetitia Sadier, le contraste devenait désavantageux.

    mais ce recueil de chutes de studio (il sera suivi d’un 2e volume, apparemment) parlera aux amoureux de stereolab. les autres, bah, les autres je crains qu’ils n’aient décroché depuis longtemps, si j’e crois la faible assistance à leur dernière Cigale

  4. autant Chemical Chords m avait mis mal à l’aise, autant ce switwh on vol IV est plutot une bonne surprise et me parait souvent plus inspiré que Chemical chords.
    Deux faces de chouettes morceaux inedits et deux fans de remix qui rappelent le milieu des années 90, c est deja un bon bilan ?

    C est vrai cette histoire de suite ?

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