Ears

kaitlynaureliasmith

Cela fait presque trois semaines – depuis sa découverte en première partie de Battles – que la musique de Kaitlyn Aurelia Smith s’incruste doucement dans les recoins les plus calmes de ma vie, et c’est plutôt agréable car il faut bien reconnaître que ces compositions nappées de synthétiseurs sont l’une des plus belles choses à écouter en ce moment. Kaitlyn Aurelia Smith joue sur un clavier Buchla Music Easel et chante d’une voix lointaine sur des morceaux qui démarrent sous une forme assez pop avant de laisser progressivement tomber les cadres musicaux pour céder la place à de longues plages ambiantes et fantomatiques où apparaissent parfois des boucles répétitives absolument hypnotiques.

Ces excursions au pays de l’arpégiateur sont autant d’invitations à l’abandon et c’est tel un explorateur de contrées désertiques que je suis allé écouter « Ears », son dernier album sorti quelques jours après le passage de Kaitlyn Aurelia Smith à la Cigale le 25 mars. Il faut avancer doucement dans ces ambiances cotonneuses et sablonneuses pour s’y abandonner avec bienveillance après quelques auditions assidues. Existence in the Unfurling est assurément le morceau à entendre au petit matin, quand le soleil pointe doucement ses rayons à travers la fenêtre alors qu’il fait encore un peu frais, c’est uniquement dans ces conditions auditives que l’on peut retrouver une certaine notion du temps présent et de son ralentissement progressif.

( ♫ ) Kaitlyn Aurelia Smith – Existence in the Unfurling

Mathieu

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