Slowdive

Regarder ses chaussures pour jouer de la guitare. C’est finalement parti de là, le shoegaze, genre devenu à la mode vers la fin des années 80 et le début des années 90 avant d’être délaissé pour son petit frère, le PostRock. On regarde par terre pour ne pas se tromper de pédale d’effet à activer. On y retrouve fort probablement une fuzz, un delay, beaucoup de modulation et bien évidemment des Fender Jazzmaster ou Jaguar en guise d’instrument. Le chant est volontairement noyé sous un déluge de réverbération, on n’y distingue pas toujours ce qui se trame là, mais ce n’est pas grave. On a surtout besoin de cette musique pour s’y enfermer comme dans une bulle, hermétique au reste du monde, un endroit paradoxalement froid et confortable. Une douce impression ressentie à l’écoute du « Just For A Day » de Slowdive et dont le nouvel album sorti après vingt-deux d’absence se révèle tout aussi beau.

Je m’y suis (re)perdu sans trop m’y attendre, alors que j’étais plutôt méfiant de ce retour de Slowdive – on ne peut jamais trop savoir si une reformation se contentera d’enchainer quelques concerts ou se lancera vraiment dans l’écriture de nouveaux titres. Voilà donc ce nouveau disque, et comment ne pas aimer l’ouverture introspective du bien nommé Slomo, puis le rock lénifiant de Star Roving dont on sent bien là l’évidente force mélodique, sans oublier les notes de piano suspendues de Failing Ashes qui auraient sûrement fait partie de la bande-son de The Leftovers si Damon Lindelof nous avait offert une quatrième saison. Le reste est tout aussi beau et se révèle être le plus précieux des compagnons quand je marche au petit matin à l’ombre des immeubles en verre et le soir, alors que j’essaie d’oublier la chaleur.

( ♫) Slowdive – No Longer Making Time

Mathieu

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