Papier Tigre, Pyjamarama et Puissant Blaster à l’Espace B

Samedi 14 Juillet, alors que chacun souhaite se poser dans un parc avec une bière pour profiter du feu d’artifice de la fête nationale, je me rends à la périphérie de la ville pour voir Papier Tigre à l’Espace B. Dans mes souvenirs, je les ai déjà vus lors d’une soirée organisée par la Blogothèque mais je ne peux pas laisser passer un occasion de les rater ce soir. Puissant Blaster, un duo guitare/batterie en peignoir de bain, se charge de démarrer la soirée avec une rythmique qui cogne, une guitare bien distordue pour des morceaux, euh, puissant. Les textes – en français, c’est assez rare pour être signaler – distribuent quelques mandales au FN, aux laboratoires pharmaceutique et autres joyeusetés débilitantes. Je me marre bien en finissant une bière artisanale achetée au bar et je me dis que, par moment, Puissant Blaster est tellement crétin qu’il en devient absolument beau et indispensable.

( ♫) Puissant Blaster (Live)

 

Je ne sais pas pourquoi, mais le trio Pyjamarama me fait penser à Yo La Tengo, mais la comparaison s’arrête là dès qu’ils se mettent à jouer. Le groupe privilégie dans un premier temps le math-rock aux rythmiques métronomiques, les riffs aigus et les phrases de synthétiseurs entêtantes. Mais après une entrée en la matière pleine d’énergie, les compositions de Pyjamarama ralentissent le tempo, deviennent parfois très répétitives. Elles laissent s’exprimer leurs côtés plus pops et j’aime beaucoup. En ressortant de la salle pour prendre l’air, je me fais la promesse d’aller vérifier à quoi le son de Pyjamarama ressemble sur disque car ils furent pour moi la révélation de la soirée.

( ♫) Pyjamarama – Secrets (Live)

 

Papier Tigre est probablement l’un des groupes de punk-noise-math-rock-whatever français les plus redoutables qui soit sur scène. Niveau batterie ça cogne fort avec une précision redoutable, de celle qui vous écrase les tympans à la force des poignets. Niveaux guitares, chacun prends sa place avec des riffs anguleux dans les aigus et des distorsions bien agressives dans les graves, elles aussi tranchantes que du fil de fer barbelé, aussi inflammables qu’un bidon d’essence. Niveau chant, on est sous électrochocs, on rebondit contre les murs matelassés, on hurle aux confins de la folie. Je hoche immédiatement la tête sur Home Truth et le final avec les dix minutes infernales de A Matter Of Minutes me font penser que ce soir, c’est là qu’il faut être car c’est maintenant que ça se passe.

( ♫) Papier Tigre – Home Truth (Live)

Texte, enregistrements et mauvaises photos par Mathieu Gandin

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