This Will Destroy You & Dragunov à la Maroquinerie

Dimanche 1er Juillet, j’affronte la chaleur étouffante de la Maroquinerie pour redécouvrir This Will Destroy You, groupe de post-rock apparu il y a plus de dix ans avec un premier long EP, « Young Mountain », que le quatuor vient jouer intégralement ce soir. La première partie est assurée par le duo post-metal Dragunov, qui, comme la mitraillette du même nom, dépile des riffs à la pelle sur une rythmique impitoyable. Le volume sonore impressionne, les deux musiciens donnent tout, cachés derrière un masque à gaz – qui finiront par tomber pour cause de hautes températures – mais une fois passé les deux premiers morceaux à hocher de la tête avec plaisir, je finis par trouver les morceaux très très répétitifs. Ne sachant trop quoi en penser, je profite de la fin du set, qui se révèlera assez court, pour vaincre le dernier stade de la soif en trouvant un ultime rafraichissement au bar.

( ♫) Dragunov (Live)

 

Je ne sais pas si c’est la fatigue ou les multiples réécoutes vaguement nostalgiques de « Young Mountain » mais les compositions de ce disque ont un truc que je ne saurais expliquer mais qui fonctionnent toujours chez moi en terme d’émotion. Ce soir, la rythmique est un peu plus nerveuse, et Jeremy Galindo tisse des harmonies sur sa Fender Telecaster alors que Chris King sculpte de longs drones avec sa Fender Jaguar et une multitude de pédales d’effet activée à la main. C’est suffisamment rare pour le signaler, d’autant plus que ce dernier joue ce soir avec le bras en écharpe. La force évocatrice de la musique de This Will Destroy You est suffisamment belle pour nous faire oublier les quelques soucis techniques et la chaleur terrassante qui règne dans la salle. De retour à la maison après avoir espéré un orage en descendant la rue Ménilmontant, je traverse tout Paris en repensant encore et encore aux notes distordues et réverbérées de The World Is Our ____.

( ♫) This Will Destroy You – The World Is Our ____ (Live)

Texte, enregistrements et mauvaises photos par Mathieu Gandin

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