Bill Ryder-Jones – Yawn

Nous sommes en 1993, Smog et Idaho jettent sur « Julius Caesar » et « Year After Year » leurs spleens cotonneux faits de distorsions, de guitares en bois, de basses fatiguées et de voix brumeuses, tantôt chuchotées devant le micro, tantôt reprenant de l’aplomb quand la raison de vivre revient après avoir touché le fond. C’est au cours de l’année 2002 que The Coral sort son premier album, une poignée de morceaux plutôt enjoués, de la plus belle tradition brit-pop – celle que l’on a envie d’écouter pendant des heures dans un pub à enquiller des pintes de bières – et sur lesquels Bill Ryder-Jones joue de la guitare. Quelques années de stress en tournée plus tard, le revoilà en solo avec un ensemble de disques – que j’ai éhonteusement ignoré jusqu’à « Yawn » – aussi mélancolique que ces ainés Bill Callahan et Jeff Martin. Allez savoir pourquoi, c’est l’un des plus beaux disques que j’ai pu entendre en cette fin d’automne.

Novembre 2018, je découvre enfin « Yawn » sans trop y croire et depuis, il ne se passe pas un matin sans que je me réveille doucement avec ses mélodies introspectives. On y entend des mélodies aussi décharnées que limpides. Les guitares progressent doucement sur une grille d’accords mineurs et les atmosphères sont élégiaques. Sur Mither, la fragilité de cette musique est tellement palpable que chaque note donne l’impression de frapper en plein cœur ceux qui sont en train de la jouer (pour finalement toucher ceux qui l’écoutent). A tel point que ce titre finit par rester graver dans mon esprit à force de l’avoir écouté en boucle pendant des heures ce dimanche matin.

( ♫) Bill Ryder-Jones – Mither

Mathieu

 

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