Baston – Primates

Ça commence par une note de synthétiseur répétée à l’infini. S’ensuit une ligne de basse assez volontaire et un riff de guitare plutôt aiguisé. Tout ça disparaît progressivement pour ne laisser que des nappes d’effets totalement psychédéliques, des patterns de batterie répétitifs. La voix se perd sous une lente réverbération. A quelle époque somme nous ? En 1967 lors d’un improbable concert du http://theivylodge.co.uk/contact/ Velvet Underground ? En 1975, planqué dans une chambre de bonne à écouter un disque de can i buy Pregabalin in mexico Neu ! au milieu du Paris Giscardien ? En 1997 en train de regarder le clip de Fluorescences de order gabapentin online reddit Stereolab ? Je ne sais pas, nous sommes probablement du côté de la Bretagne, en 2019, à la fin du mois de Novembre, et c’est très bien comme ça.

Je ne connaissais que très peu le groupe Baston avant d’écouter leur second album, « Primates », sorti sur l’éminent label Howlin’ Banana Records. Je sais que leur précédent disque, « Gesture », naviguait dans un terrain plus connu. Il était moins hypnotique, plus balisé dans le genre pop rétro un brin garage. Le quatuor brestois s’amuse aujourd’hui avec les synthétiseurs et les rythmiques motoriks et je trouve ça mieux. Il y a dans Drang Nach Osten cette idée que j’aime beaucoup, où on l’on veut répéter deux accords de guitare à l’infini comme pour mieux hypnotiser l’auditeur. Les accords en question ont probablement été joués sur une Fender Jazzmaster, dont le son semble parfois s’approcher d’une scie sauteuse, il faut le noter, et en ce qui me concerne il n’en faut pas plus pour que mes oreilles tutoient le bonheur.

Il y a aussi Viande, un morceau garni de samples de Christophe Hondelatte, nous faisant revivre les pires heures de Faites Entrer l’Accusé. Des souvenirs de cette vieille émission reviennent comme une vieille angoisse où l’on traverse une route de campagne en pleine nuit, témoin involontaire d’une ribambelle de meurtres sordides dans un vieux château délabré. Mais ces horreurs criminelles s’effacent rapidement de nos souvenirs, car tout « Primates » est traversé d’un étrange pouvoir lénifiant. Et c’est là sa plus grande réussite, nous offrir d’incroyables mélodies pop concentrées dans des compositions issues du futur du jour d’avant.

( ♫) Baston – Primates

Mathieu

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