Napalm Death – Throes Of Joy In The Jaw Of Defeatism

Nous sommes au milieu de l’année 2015. C’est le petit matin. Je suis serré dans le métro et j’écoute  How The Year Condemn de Napalm Death. Les hurlements de Barney Greenway me réveillent comme jamais. Mieux que ça, le grindcore extreme de ce titre, resserré sur 2 minutes et 43 secondes, est l’une des plus belles choses que l’on peut entendre pour transformer la moindre expérience pesante en énergie positive. Aujourd’hui, je ne prends plus le métro mais on s’en fout, Napalm Death revient avec « Throes Of Joy In The Jaw Of Defeatism », un acte de foi inestimable hurlé par un groupe enragé mais heureux, brûlant tout sur son passage pour allumer un feu qui apaise au cœur de la nuit.

La basse râpeuse de Shane Embury – qui a composé « Throes Of Joy In The Jaw Of Defeatism » – s’impose en broyant tout sur son passage. Elle tient les morceaux avec la ferveur du forcené qui donne tout. Barney Greenway se déchaine en grondant dans son micro. La gorge gronde d’une colère bienvenue sur les carcasses féroces de notre époque. Les guitares de Mitch Harris et John Cooke cisaillent nos tympans de riffs distordus dont les lignes naviguent entre Celtic Frost et Sonic Youth (que Napalm Death reprend en bonus avec cette version effrayante de White Kross). La batterie de Danny Herrera n’est que blast-beat joyeux et double-pédales frénétiques. Napalm Death ne s’arrête que très rarement malgré son grand âge, sauf peut être pour nous faire peur avec le clavier effrayant de A Bellyful Of Salt And Spleen, ou bien pour casser l’ambiance avec Joie de Ne Pas Vivre.

Alors quoi, « Throes Of Joy In The Jaw Of Defeatism » bourre-pif de l’année ? Probablement non, car sans aller chercher très loin on trouvera sûrement plus extrême que ce disque. Mais avec des titres comme Amoral, on reste entre vieux rescapés du Death Metal qui savent se respecter. En trois minutes Napalm Death relâche la tension, range ses films d’horreur et écrit quelques mélodies rock plutôt classes. Et puis, comme si de rien n’était, le groupe repart au front jusqu’à nouvel ordre.

( ♫) Napalm Death – Amoral

Mathieu

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