Divide And Dissolve – Gas Lit

Est-ce vraiment la bonne journée pour imaginer la fin du monde en écoutant Divide And Dissolve ? Et d’ailleurs est-ce l’anéantissement qui émerge de ce déluge de riffs distordues et de cette batterie frappée avec l’envie de concasser le reste de nos tympans fatigués ? Takiaya Reed et Sylvie Nehill semblent plutôt avancer avec l’envie de reconstruire un monde sans oppression systémique. Comme si, malgré le bruit, la musique ne voulait ne pas perdre de temps à détruire les dernières miettes du présent. Un disque sublime que s’écoute comme une présence fantomatique, faisant fi de l’agitation que l’on a traverse sans jamais vraiment être là.

Takiaya Reed et Sylvie Nehill ont enregistré « Gas Lit » avec la fervente intention de combattre la suprématie blanche, l’homophobie, les déviances totalitaires et les positions sectaires. Une musique qui s’exprime comme une colère saine, avec une guitare électrique et une batterie jouées pour former un mur du son bruitiste qui s’érige contre une situation politique trop étouffante. Un monolithe électrique qui se forme comme il disparaît, avec les notes lointaines d’un saxophone bourdonnant, nourrit d’interrogations qui nous laissent dans un état second, promptes à imaginer une autre existence plus accueillante. Quelque chose où l’on n’attacherait pas autant d’importance au superficiel.

Oblique fait l’effet d’une décharge électrique sur un point névralgique. Ça commence par un long bourdonnement joué au saxophone. Puis tout n’est que dévastations méticuleuses orchestrées par une batterie menaçante et une guitare dont les riffs nous donnent l’impression d’exploser au ralenti. Et puis, ça se termine comme ça commence, sur une note introspective après laquelle il ne restera plus que le silence à écouter.

( ♫) Divide And Dissolve – Oblique

Mathieu

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