
L’histoire donne l’impression de se répéter mais ce n’est pas très grave dans ce cas là. Il nous semble avoir déjà entendu cet arpège de guitare qui joue un temps seul avant que la batterie ne démarre sur un rythme précis et tenu. La basse rentre en jeu avec un ligne bourdonnante qui résonne dans les derniers recoins de nos cerveaux. La composition ainsi mise en place s’accélère sur un enchainement brut exécuté de plein pieds. Les accords se font plus âpres, le mur du son s’intensifie pour n’être plus qu’une distorsion à la fois granuleuse et stridente. Le seul chant que l’on entendra sera hurlé jusqu’à s’en déchirer la gorge. Costa Rica Post-Rock, http://childpsychiatryassociates.com/treatment-team/sheila-pottebaum/ Math-Rock, Post-Hardcore, on connait ça depuis Codeine, Shellac et les débuts de Mogwai, mais il suffit parfois de quelques intonations savantes et brutes pour qu’un nouveau groupe nous fasse retomber dans cette passion incommensurable.
Les trois musiciens de Rhododendron – Ezra Chong à la guitare, Gage Walker à la basse et Noah Mortola à la batterie – n’ont probablement pas choisi le meilleur moment pour se lancer en 2019, mais l’arrivée aujourd’hui de leur disque « Ascent Effort » au milieu du label The Flenser ne peut que plaire à nos oreilles décharnées. Apparu en 2010, The Flenser trace sa route en compilant avec acharnement des groupes comme Chat Pile ou Agriculture, à savoir le meilleur aujourd’hui du Hardcore, Noise, Black-Metal et autres hurlements désespérés scandés un soir de pleine lune. « Ascent Effort » s’inscrit parfaitement dans cette lignée, réveillant soudainement nos accouphènes avec les envolées distordues et nerveuses de Like Spitting Out Copper.
Firmament démarre sur une courte plage atmosphérique, quasi-ambiante avant de faire venir une ligne de guitare passée sous le filtre d’un étrange chorus. La batterie démarre avec une intense précision et il n’est pas interdit d’y voir aussi quelques influences à trouver du côté du Jazz, une évidence parfois rapidement écartée quand il s’agit d’écouter du Post-Rock. La basse est râpeuse, cagneuse, elle occupe quelques espaces harmoniques avant que le trio ne propulse cette musique vers une gigantesque saturation chaotique qui vous tombe dessus comme un coup de massue. Parfaitement chaotique et maitrisé dans son abyme.
Mathieu