Sonic Youth – Goo

J’ai toujours eu du mal à écrire sur Sonic Youth, leur musique parle d’elle même, à quoi bon commenter note par note des disques aussi important que « Daydream Nation » ou encore « Sonic Nurse ».

Pourtant aujourd’hui, j’avais envie d’écrire sur « Goo », d’abord parce que Sonic Youth représente pour moi l’un des groupes de rock les plus importants encore en activité et aussi parce que c’est le premier disque du quatuor d’Hoboken que j’ai écouté.

Je me souviens, après mon bac j’avais passé deux ans de mes études en internat. Il y a avait un type qui écoutait Sonic Youth et je me demandais toujours d’où venait son regard si lointain. Etait-ce dû à l’ingestion de quelques substances hallucinogènes ou l’écoute prolongée de The Diamond Sea que l’on peut entendre sur « Washing Machine », qui venait tout juste de sortir à l’époque ? Toujours est-il que j’avais un peu peur de ce que je pouvais entendre sur un album de Sonic Youth, alors que paradoxalement j’écoutais beaucoup les Pixies et Nirvana à l’époque, ainsi que tout un tas de trucs bruyants nettement moins recommandables …

Un peu plus tard, et après conseil d’un ami, j’ai découvert la musique de Sonic Youth avec « Goo ».  La pochette de Raymond Pettibon est fabuleuse et tous les morceaux sont magnifiques. Bien des années après, j’aime encore me le réécouter, ça reste l’un des rares disques que je peux entendre en entier, sans zapper d’un titre à l’autre.

Pourtant « Goo » a été l’album le plus décrié du groupe, lorsqu’en 1990 le quatuor avait choisi de passer chez le label de David Geffen, ce qui fut considéré à l’époque comme un gigantesque acte de trahison pour les nombreux fans du groupe encore très ancrés dans les dogmes du punk et du rock indépendant. Des batailles de chapelles qui peuvent sembler un peu ridicules maintenant, surtout en regard des disques réalisés ensuite par Sonic Youth.

Avec « Goo », Sonic Youth réalise un disque qui, dans la parfaite lignée de « Daydream Nation », continue de faire le grand écart entre des compositions au format pop, des grands moments d’électricité très rock et un certain goût pour la musique d’avant-garde. Il y a dans ce disque une belle représentation du fameux « pont bruitiste », élément de style du groupe que l’on peut entendre sur les 2/3 des morceaux. Sonic Youth pousse là l’art des accordages alternatifs et de la combinaison de pédales d’effets pour y scuplter le son assez exigeant de “Goo”.

Je me souviens, quelqu’un m’avait demandé un jour de lui faire une compilation de titres assez rock sur une cassette (jeune, je parle d’un temps que tu ne peux pas tout à fait comprendre, mais imagine, c’est comme une playlist Spotify que tu fais pour un ami), j’aimais bien passer Mote, où on entend Lee Ronaldo chanter d’une voix distante sur des guitares furibardes, avant que le morceau parte dans le mur (du son) avec cette superbe saillie bruitiste placée en plein milieu. J’aime bien aussi me repasser Kool Thing où l’on entend Kim Gordon et Chuck D, sans oublier My Friend Goo et son énorme ligne de basse fuzz …

Bref, aujourd’hui c’est les vacances, alors je me suis réécouter une fois de plus « Goo », et comme il est temps de prendre un peu de repos pour revenir aux affaires la semaine prochaine, je vous laisse avec Mote.

( ♫ ) Sonic Youth – Mote

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Par Mathieu

7 thoughts on “Sonic Youth – Goo

  1. Quel disque. Premier acheté du groupe, quelques mois après sa sortie, auquel j’ai ajouté très vite Daydream et Sister, puis toute la discographie ! Un ami, disparu depuis dans les lymbes, avait fait une reproduction de la pochette sur toute la surface de l’un des murs de son appartement.

    (En revanche, ça n’est pas Kool Keith, mais Chuck D de Public Enemy qui est présent sur Kool Thing…)

    1. Oui, erreur de ma part, c’est bien Chuck D et non pas Kool Keith. C’est corrigé, merci Starsky 🙂

  2. J’ai aussi découvert Sonic Youth pendant mes deux ans d’internat après le bac. Sonic Nurse, écouté distraitement d’abord. Puis un coup de coeur complet sur Tunic (Song For Karen). J’ai d’abord acheté uniquement le morceau (les débuts d’iTunes).
    Enfin, au moment de finir mes concours en deuxième année, je fais une razia de disques. Dans le tas : Rather Ripped, devenu mon disque porte bonheur.

  3. Je me souviens aussi de “Goo” car il fut mon premier de Sonic Youth. En fait, c’était une copine Maude (perdue de vue depuis…) qui les écoutait. Et sur ce disque, j’avais immédiatement flashé sur “Dirty boots”.
    Je me souviens aussi des danses hallucinées et lysergiques sur leur musique et ce titre plus particulièrement !!! Ouah, nostalgie…

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